Billet N°056 A. Sartelet

La tour Grégoire, presque mille ans d’âge

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Cette tour, dite autrefois tour Saint-Grégoire, se dresse comme un donjon sur son rocher dominant superbement la Meuse. C’est un insigne vestige du passé de Givet. Déjà au 11ème siècle, elle surveillait le fleuve pour assurer les rentrées des péages pour les comtes d’Agimont.  Un dessin du 17ème siècle conservé à la Bibliothèque nationale, nous montre qu’elle avait encore à cette époque un étage crénelé d’allure très médiévale. Elle a été fortement restaurée sous Napoléon III mais a gardé sa forme primitive pour les étages inférieurs, on y voit encore la trace des fenêtres d’origine. L’historien Patrice Bertrand a repéré les mêmes fenêtres (murées) dans l’église de Charnois, elles aussi du 11ème siècle. Quand vous passerez devant la tour de Givet, regardez-la avec respect, c’est une très, très vieille bâtisse, la plus vieille de Givet. Cela nous ramène au temps des Capétiens, de Guillaume le Conquérant, de la bataille d’Hastings, de la première croisade et de Godefroy de Bouillon (1058-1100).

Alain Sartelet

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Billet N°055 A. Sartelet

Givet, caserne Rougé, vers 1900

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Cette superbe photo montre le devant de l’infirmerie de la caserne Rougé, la curieuse voiture à deux roues derrière les soldats est une ambulance, couverte d’une bâche sanglée, elle permettait de protéger et de transporter rapidement les malades à l’hôpital. Cette voiture est l’héritière des premières ambulances dites « volantes » inventées en 1807 par le chirurgien Larrey, médecin chef de la Grande Armée de l’empereur Napoléon et précurseur en matière de secours aux blessés.

Alain Sartelet

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Billet N°054 A. Sartelet

Une spécialité oubliée, le pain « Fer à cheval » de Givet

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Sur cette photographie des années 1900 montrant la boulangerie Wauthier rue des Récollets à Givet et publiée dans le beau livre de M. Daniel Higuet, nous voyons une dame à droite qui tient un pain à la forme particulière, d’autres pains identiques sont encore en vitrine. Ce pain a disparu de nos boulangeries, on l’appelait «pain  Fer à cheval » ou « pain porte-bonheur » car comme un véritable fer de métal il devait porter chance… Une croyance dont l’origine se perd dans la nuit des temps, le fer à cheval ayant aux yeux de certains la forme d’un C, initiale du Christ ou pour les « mécréants » la forme d’un croissant de Lune, symbole de fertilité et emblème de Diane Chasseresse celte et romaine (la Dea Arduinna de nos forêts !) Ce pain qui sortait de fours ancestraux est aujourd’hui bien oublié malgré la tentative récente d’un courageux et sympathique boulanger de Vireux-Molhain ((Monsieur Claisse, il mérite d’être cité) pour ressusciter ce pain si typique de Givet, hélas les clients ont été déroutés par cette forme inhabituelle, quel dommage, non ?

Alain Sartelet

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Billet N°053 A. Sartelet

Des irlandais à Givet

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Il y eut à Givet au moment de la Révolution, pendant la période de la monarchie constitutionnelle un régiment de soldats irlandais, le régiment de Berwick. Ces soldats ne  devaient ne pas passer inaperçus dans les rues de Givet  avec leurs  splendides uniformes rouges et leurs drapeaux frappés de quatre couronnes et de la célèbre lyre, emblème et élément des armoiries de l’Irlande. La devise latine IN HOC SIGNO VINCES (par ce signe tu vaincras) inscrite dans les branches d’une croix rappelle la vision de l’empereur Constantin à la veille de la bataille du pont Milvius à Rome en 312. La croix lui était apparue dans le ciel en promesse de victoire contre son rival l’empereur Maxence, une bien pieuse légende !

Alain Sartelet

Billet N°052 A. Sartelet

Les canards de Givet

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Ce minuscule détail d’un plan de Givet sous Louis XIV montre des oiseaux  posés sur la Meuse, de quelle espèce sont-ils ? Ce ne sont sans doute pas des bernaches… mais plutôt des canards…Ce détail témoigne de l’architecture des grandes barques de ce temps à l’imposant gouvernail, de la richesse de la faune sauvage et fluviale d’autrefois et par là même de la cuisine de nos ancêtres, pâtés, terrines, confits … (je m’égare !). Givet était autrefois fort réputée pour l’excellence de ses « gibiers-poils » et « gibiers-plumes». (Ci-dessous, nature morte au canard rôti, 17ème siècle).

Alain Sartelet

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Billet N°051 A. Sartelet

Une Fausse-Porte mais une vraie boutique

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On la remarque à peine, cette échoppe de la rue de la Fausse-Porte. C’est un précieux témoignage du commerce à Givet avant la Révolution. La devanture est intacte depuis le 18ème siècle sous son arcade de pierre bleue, elle a conservé sa porte ancienne et ses volets de bois grisés par le temps. Les maisons anciennes des villes ont très rarement conservé leur rez-de-chaussée d’origine, remplacés par des magasins sans cesse renouvelés au gré des modes et du temps. C’est donc une véritable rareté que nous avons sous  les yeux. Tout y évoque encore la mémoire des boutiques médiévales (dessin).

Alain Sartelet

Billet N°050 A. Sartelet

Soyez prudents dans la rue du Puits

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Regardez cet élégant dessus de porte vitré qui se trouve au numéro 25 de la rue du Puits, le motif central est formé de deux serpents enroulés autour d’une flèche entre quatre écussons. Ce dessus de porte date de la fin du 18ème siècle, il en a toute l’élégance qui annonce le style empire et son goût pour la mythologie et le retour à l’Antique. Il y a un sens caché dans ce motif qui n’est pas que purement décoratif. Depuis l’antiquité le serpent enroulé autour d’une flèche était un des symboles représentant la Prudence, une des vertus dites « cardinales » (gravure ancienne ci-dessous) avec la Force, la Tempérance et la Justice…tout un programme pour une vie exemplaire !

Alain Sartelet

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Billet N°049 A. Sartelet

Le rêve de Monsieur de Vauban

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Le grand ingénieur de Louis XIV voyait grand, très grand. Il rêvait de faire de Givet une immense place forte. Regardez ce plan de la fin du 17ème siècle (ci-dessus), on y voit en pointillé les terrains que Vauban voulait englober dans de nouveaux remparts et bastions, bien en avant de Charlemont au nord. Vauban rêvait aussi de lotir ces terrains afin d’y créer de nouveaux quartiers. Même chose pour le Mont d’Haurs dont il fit établir les plans des rues (ci-dessous) tout cela resta du domaine des songes, le génial militaire ne put vaincre la frilosité des finances royales…et l’urbaniste ne put ici donner toute sa mesure, dommage ?

Alain Sartelet

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Billet N°048 A. Sartelet

La chapelle Saint-Roch de Givet-Notre-Dame

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C’est presque la sœur jumelle de la chapelle Saint-Roch du Grand-Givet, elle a la même silhouette, le même plan, les mêmes fenêtres, la même corniche mais elle est un peu plus grande. Elle témoigne encore aujourd’hui de la puissance de la dévotion à Saint Roch, le saint qui guérissait (ou était censé guérir !) de la peste. Sa construction remonte à 1628, (celle de Saint-Hilaire a été rebâtie sous sa forme actuelle en 1635). Elle a vu le jour grâce à la générosité de Gilles de Hamaide un riche donateur sans doute frappé par l’épidémie. La chapelle de Givet-Notre-Dame a reçu une nouvelle façade en 1753 assez mal raccordée à la chapelle de 1628 (photo ci-dessous). La chapelle est remarquablement conservée, elle a seulement perdu son clocher. Comme à l’origine, cette chapelle du bord de Meuse est isolée de la ville, un cimetière l’environne, comme en 1628…le charme est intact !

Alain Sartelet

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Billet N°047 A. Sartelet

Les archiducs Albert et Isabelle et la cloche de Charlemont

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Les archiducs Albert (1559-1621) et Isabelle (1566-1633), souverains des Pays-Bas espagnols régnèrent au nom de la couronne d’Espagne sur de vastes territoires et sur Givet et sa région. On leur doit le marché de Givet (1617) et sans doute la bienveillance de l’archiduchesse pour les fondations pieuses de la ville, Chapelle Notre-Dame de Walcourt (1604) ou Notre-Dame de Montaigu (près de Charlemont, avant 1616). On leur doit aussi sans doute une partie du financement de l’achèvement de l’église Saint-Charlemagne de Charlemont (le clocher de 1610) et pour célébrer l’achèvement de l’église, le couple royal offrit en 1613 une cloche portant le nom de Roch, le saint invoqué contre la peste ce qui à cette époque était lourd de sens. La cloche (détruite en 1914 ?) fut fondue à Flesselles en Picardie par le célèbre Waltère Grongnard, un maître en la matière, issu d’une véritable dynastie de fondeurs wallons qui fournit des cloches pour Tournai, Gand, Liège…

Alain Sartelet

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Mairie de Givet
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