Billet N°062 A. Sartelet

La chapelle Saint-Hubert de Givet

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Vous connaissez tous la légende de Saint Hubert et du cerf dont les bois portaient une croix diffusant des rayons de lumière, il y a d’innombrables tableaux, dessins, statues ou vitraux sur ce thème ! A Givet il y eut une chapelle dédiée à ce saint, elle se trouvait au débouché de la porte de Luxembourg du Petit-Givet à proximité de la ferme de Praisle. Nous connaissons heureusement le texte de l’inscription qui s’y trouvait : « EN L’HONNEUR DE DIEU ET DE SAINT HUBERT BARBE LEGRAND VEUVE DE FRANCOIS MARECHAL A FAIT BATIR CETTE CHAPELLE EN 1736 » L’édifice  était encore debout en 1823, sur le cadastre on voit que c’était une minuscule chapelle carrée. On devait y invoquer le saint patron des Ardennes et des chasseurs pour la guérison de la rage.

Alain Sartelet

Billet N°061 A. Sartelet

Armoiries où êtes-vous ?

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Cette splendide plaque ronde en pierre sculptée est aujourd’hui  le seul vestige de l’ancien hôtel de ville de Givet bâti à partir de 1696.  Elle ornait le centre du fronton jusqu’à la fatale démolition de 1903 (la plaque en position d’origine sur la photo à droite) Cette plaque est aujourd’hui invisible du public, abritée croyons-nous, par les services techniques de la ville mais elle mériterait une mise en valeur digne de l’intérêt qu’elle représente. Si elle ne date pas de 1696, elle date néanmoins du 19ème siècle (son style le prouve aussi) elle serait postérieure à la réunion de la ville de Charlemont aux deux Givet. A noter que les couleurs sont fautives le fond de la croix d’or de Saint André des armes de Charlemont (en haut, sous la couronne murale) doit être bleu, et le fusil doit être rouge et non marron et or. Ne pourrait-on pas trouver un emplacement dans le vieux Givet pour remettre cet emblème à l’honneur, un emblème extrêmement chargé d’histoire qui renvoie au passé Bourguignon, impérial et espagnol de la cité et à ses fortifications. Avis aux édiles…

Alain Sartelet

Billet N°060 A. Sartelet

Pêcheries seigneuriales ou abbatiales à Givet

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Voici à quoi ressemblaient les nombreuses pêcheries ou « vennes » établies autrefois dans la Meuse et dans la Houille. C’était un système de grands pieux plantés dans le milieu du lit du fleuve et entrelacés de roseaux et de branchages, le tout en forme de gigantesques entonnoirs, véritables pièges à poissons. Une nasse ou un filet placé au petit bout permettait d’y recueillir toutes sortes de poissons, principalement des truites et des saumons. Cet usage immémorial a été abandonné en Meuse à la fin du 18ème siècle mais s’est poursuivi ailleurs (ci-dessus une pêcherie identique à celles de Meuse vue vers 1900 dans la baie du Mont-Saint-Michel) La pêche était autrefois un privilège seigneurial ou réservé aux abbayes, à Givet celle de Félixpré par exemple. Ci-dessous, sur un plan de 1734, les deux grands V sont les pêcheries de Laval-Dieu.

Alain Sartelet

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Billet N°059 A. Sartelet

Les singulières armoiries de l’abbaye de Félix Pré

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L’ancienne abbaye cistercienne de Félix Pré, près de Fromelennes, était avant la Révolution et depuis le XIIIème siècle un haut-lieu de l’histoire monastique de la Haute Meuse. Transformée en ferme, l’abbaye a connu de nombreuses destructions. Cette abbaye de l’ordre de Cîteaux possédait autrefois des armoiries décrites et dessinées dans l’Armorial général de France rédigé à partir de 1696. Ces curieuses armoiries évoquent une scène religieuse connue sous le nom de « Lactation de Saint Bernard » : Saint-Bernard, alors en prière, prononça les paroles « montre que tu es notre mère » devant une statue de la Vierge allaitant l’Enfant-Jésus, celle-ci se serait animée et aurait donné son lait à saint-Bernard lui conférant ainsi la science des Saintes Ecritures et le don de prêcher. Cette histoire connut une immense faveur dans l’Europe médiévale et moderne et particulièrement dans les Flandres et ici auprès des religieuses de Félix Pré. (ci-dessous, lactation de Saint Bernard, tableau, Liège vers 1480).

Alain Sartelet

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Billet N°058 A. Sartelet

D’immenses radeaux sur la Meuse

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Nous conservons l’image dessinée vers 1580 (ci-dessus) d’un grand radeau passant à Givet aux pieds du fort de Charlemont. Il est constitué de troncs assemblés, sept hommes, deux grands gouvernails, à l’avant et à l’arrière et six rames latérales en assuraient la manœuvre. Descendre la Meuse en radeau était autrefois un exercice courant, il permettait de charrier facilement  des troncs d’arbres pour le commerce du bois. Certains radeaux pouvaient atteindre 200 mètres de longueur. On a comptabilisé à Hastière au 15ème siècle le passage de 700 radeaux par an. Dans les zones d’abattage le long de la Meuse, les troncs ébranchés et écorcés étaient mis à l’eau, assemblés sous forme de radeaux temporaires puis conduits au fil de l’eau vers Dinant, Namur, Huy, Liège ou Maastricht et Anvers où ils étaient démontés et vendus comme bois de charpente aux constructeurs de maisons ou de navires. Cette pratique du « radelage » ou « flottage » perdure, pour le plaisir, en pays Basque (ci-dessous).

Alain Sartelet

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Billet N°057 A. Sartelet

Le « roi chevalier » à Givet

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Marches les dames, près de Namur, le 17 février 1934, vers 16 heures, un alpiniste dévisse et se tue, cet homme c’est le roi Albert Ier de Belgique. Cette mort plonge le pays entier dans un deuil profond, le roi était en effet extrêmement populaire depuis qu’on l’avait surnommé le « roi soldat » ou le « roi chevalier » pour sa conduite aux armées pendant la guerre de 1914-1918 (ci-dessus, le roi à cheval en 1909). Comme la Belgique toute proche et amie, la ville de Givet rendit hommage au souverain en érigeant une stèle et un buste en bord de Meuse dans un square qui prendra le nom de ce roi admiré aussi pour son action sociale et pour avoir soutenu la loi sur le suffrage universel…

Alain Sartelet

Billet N°056 A. Sartelet

La tour Grégoire, presque mille ans d’âge

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Cette tour, dite autrefois tour Saint-Grégoire, se dresse comme un donjon sur son rocher dominant superbement la Meuse. C’est un insigne vestige du passé de Givet. Déjà au 11ème siècle, elle surveillait le fleuve pour assurer les rentrées des péages pour les comtes d’Agimont.  Un dessin du 17ème siècle conservé à la Bibliothèque nationale, nous montre qu’elle avait encore à cette époque un étage crénelé d’allure très médiévale. Elle a été fortement restaurée sous Napoléon III mais a gardé sa forme primitive pour les étages inférieurs, on y voit encore la trace des fenêtres d’origine. L’historien Patrice Bertrand a repéré les mêmes fenêtres (murées) dans l’église de Charnois, elles aussi du 11ème siècle. Quand vous passerez devant la tour de Givet, regardez-la avec respect, c’est une très, très vieille bâtisse, la plus vieille de Givet. Cela nous ramène au temps des Capétiens, de Guillaume le Conquérant, de la bataille d’Hastings, de la première croisade et de Godefroy de Bouillon (1058-1100).

Alain Sartelet

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Billet N°055 A. Sartelet

Givet, caserne Rougé, vers 1900

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Cette superbe photo montre le devant de l’infirmerie de la caserne Rougé, la curieuse voiture à deux roues derrière les soldats est une ambulance, couverte d’une bâche sanglée, elle permettait de protéger et de transporter rapidement les malades à l’hôpital. Cette voiture est l’héritière des premières ambulances dites « volantes » inventées en 1807 par le chirurgien Larrey, médecin chef de la Grande Armée de l’empereur Napoléon et précurseur en matière de secours aux blessés.

Alain Sartelet

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Billet N°054 A. Sartelet

Une spécialité oubliée, le pain « Fer à cheval » de Givet

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Sur cette photographie des années 1900 montrant la boulangerie Wauthier rue des Récollets à Givet et publiée dans le beau livre de M. Daniel Higuet, nous voyons une dame à droite qui tient un pain à la forme particulière, d’autres pains identiques sont encore en vitrine. Ce pain a disparu de nos boulangeries, on l’appelait «pain  Fer à cheval » ou « pain porte-bonheur » car comme un véritable fer de métal il devait porter chance… Une croyance dont l’origine se perd dans la nuit des temps, le fer à cheval ayant aux yeux de certains la forme d’un C, initiale du Christ ou pour les « mécréants » la forme d’un croissant de Lune, symbole de fertilité et emblème de Diane Chasseresse celte et romaine (la Dea Arduinna de nos forêts !) Ce pain qui sortait de fours ancestraux est aujourd’hui bien oublié malgré la tentative récente d’un courageux et sympathique boulanger de Vireux-Molhain ((Monsieur Claisse, il mérite d’être cité) pour ressusciter ce pain si typique de Givet, hélas les clients ont été déroutés par cette forme inhabituelle, quel dommage, non ?

Alain Sartelet

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Billet N°053 A. Sartelet

Des irlandais à Givet

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Il y eut à Givet au moment de la Révolution, pendant la période de la monarchie constitutionnelle un régiment de soldats irlandais, le régiment de Berwick. Ces soldats ne  devaient ne pas passer inaperçus dans les rues de Givet  avec leurs  splendides uniformes rouges et leurs drapeaux frappés de quatre couronnes et de la célèbre lyre, emblème et élément des armoiries de l’Irlande. La devise latine IN HOC SIGNO VINCES (par ce signe tu vaincras) inscrite dans les branches d’une croix rappelle la vision de l’empereur Constantin à la veille de la bataille du pont Milvius à Rome en 312. La croix lui était apparue dans le ciel en promesse de victoire contre son rival l’empereur Maxence, une bien pieuse légende !

Alain Sartelet

Mairie de Givet
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