
Vous passez souvent devant le clocher de Notre-Dame qui donne une si belle silhouette au Petit-Givet mais vous ne vous doutez pas que c’est sans doute le vestige le plus ancien de toute la ville. Les deux premiers étages du clocher remontent en effet sans doute au 12ème siècle et sont les restes d’une église romane primitive maintes fois remaniée et autrefois fortifiée comme le montre le cadastre de 1823 où l’on voit encore une des tours rondes du rempart qui enfermait église et cimetière. Les parties hautes du clocher sont de 1612 comment l’indiquent de grands tirants de fer qui raidissent les charpentes et les murs. La petite porte du rez-de-chaussée n’a été percée qu’en 1732 ainsi que l’indique la date gravée (ci-dessus).
Alain Sartelet


Il fut à la musique ce que Chateaubriand fut à la littérature, un maître ! Vous l’avez sans doute déjà reconnu, c’est bien sûr Etienne Nicolas Méhul qui naquît à Givet en 1763 (ci-dessus son portrait en 1795 au château de Versailles). Son œuvre est hélas un peu trop oubliée aujourd’hui à part le fameux « Chant du départ » écrit en 1794, un hymne sublime à la Liberté, un chant de ceux qui traversent les siècles, immuables…et toujours d’actualité (Tyrans descendez au cercueil !!!!). Méhul fut aussi l’auteur d’opéras absolument magnifiques comme son « Joseph » datant de 1807, mêlant prose et chant, c’est à écouter ou réécouter d’urgence, on trouve encore des enregistrements dans le commerce et de nombreux extraits sur le Net…
Alain Sartelet

Le merveilleux dessin de Charlemont en 1580 (ci-dessus) nous montre sur la pointe Est de la forteresse, perchée sur le bord du rempart, une potence de charpente supportant une cloche qui était destinée à sonner l’alarme en cas de danger. Ce genre de dispositif se rencontrait fréquemment autrefois, ainsi à Sedan à la fin du moyen-âge où une serie de cloches avait été établie sur chacune des tours des fortifications de la ville pour donner l’alarme de loin en loin. L’usage de ces cloches s’est poursuivi fort tard, jusqu’à la guerre de 14-18 avec les cloches chargées de prévenir de l’arrivée des gaz asphyxiants (ci-dessous).
Alain Sartelet


Louis-Philippe, vous avez reconnu son prénom c’est celui du dernier roi des Français déposé par la Révolution de 1848 (Louis-Philippe Ier 1773-1850). Lorsqu’il était jeune, ce prince, alors duc de Chartres et cousin du roi Louis XVI vint à Givet prendre la tête du régiment dont il était colonel-propriétaire (à 14 ans !), le régiment Royal-Chartres-Infanterie (étendard ci-dessus à droite). Le prince, passionné par la chose militaire, resta trois jours à Givet, visita les fortifications dans les moindres détails. La ville l’accueillit sous les salves d’artillerie et donna de brillantes réceptions dont les chroniqueurs se firent l’écho. Il assista à plusieurs manœuvres, en repartant il rencontra 10 jeunes recrues qui furent chacune gratifiées d’un louis d’or (ci-dessous, un louis d’or de 1787).
Alain Sartelet


Si l’on en croit ce détail d’un dessin du fort de Charlemont en 1580, le fort ou demi-lune de Rome qui existe encore de nos jours (le triangle sur la vue aérienne ci-dessus, quai de Rome) était alors protégé par un enchevêtrement de pieux plantés en plein fleuve pour en interdire l’approche. Ce dispositif voulu par les armées espagnoles n’est pas sans rappeler la célèbre et colossale digue construite sur ordre de Richelieu lors du siège de La Rochelle en 1627-1628 (ci-dessous). A Givet, seul en étroit passage permettait aux navires de passer, la Meuse était fortement contrôlée alors en raison de son importance stratégique pour le transport des troupes, des vivres et de l’artillerie.
Alain Sartelet


Blottie contre le chevet de l’église Saint-Hilaire, cette superbe résidence est la plus belle de Givet. Construite après l’incendie de 1675 qui détruisit toute la ville, elle est restée intacte. Parfait exemple d’hôtel entre cour et jardin (ici limité à une étroite bande longeant le quai ou fleurit une glycine multiséculaire) Son histoire reste à écrire mais elle fut habitée par des membres d’une riche famille de notables au service du roi et du comté d’Agimont, les marquis d’Escajeul de Liancourt. Ici règne tout le charme des constructions « à la française », hautes toitures, très hautes cheminées sans parler du remarquable décor intérieur où l’on voit des marbres rouges d’une qualité exceptionnelle digne des plus beaux porphyres de l’Antiquité Romaine. Tout ici évoque le « Grand Siècle » de Louis XIV y compris les fleurs de lys de fer servant de tirants dans les façades (ci-dessous) Le superbe balcon est une rareté ici, il montre à quel point on appréciait autrefois le spectacle du fleuve et de l’intense activité qui y régnait, coches d’eau, nef de ville, radeaux de bois flotté, toute une vie disparue…
Alain Sartelet

Seul le nom de cette ferme survit de nos jours (rue de la Praisle), elle a été rasée, mais nous la voyons sur des clichés anciens (ci-dessus, agrandissement d’une carte postale de 1900) on y distingue un corps de logis et une grosse grange au premier plan. Elle n’avait pas changé depuis sa construction qui remontait à 1638 selon une inscription. En 1638, on était alors ici en plein Pays-Bas Espagnols, Philippe IV d’Espagne était roi et Louis XIII régnait de l’autre côté des frontières et son fils venait de naître (le futur Louis XIV) Très ramassée sur elle-même, avec très peu d’ouvertures sur l’extérieur c’était bien là une ferme presque fortifiée, témoin de temps troublés par les guerres.
Alain Sartelet

La chapelle de Notre-Dame de Hal se trouvait jusqu’au 18ème siècle à gauche en sortant de Givet Notre-Dame par la porte de Rancennes, sur le plan ci-dessus on la voit en rouge avec le logis pour l’ermite qui la gardait. (le pont de la porte de Rancennes est en bas à gauche). Ce culte faisait référence à la statue miraculeuse de Hal en Belgique, une petite Vierge noire qui protégea la ville de Hal des boulets de canon, déposés en offrande par les habitants dans l’église du lieu (ci-dessous) Ces boulets sont toujours représentés sur les médailles et images sous la Vierge (ci-dessus à gauche, rangés sur le nuage !) La protection divine contre l’artillerie, voilà qui devait être apprécié des militaires en garnison à Givet !
Alain Sartelet


Lorsque le poisson ne mord pas, le vent va se lever, voilà le sens de ce proverbe forgé autrefois sur les rives de Meuse par les pêcheurs observateurs du temps qu’il fait et de ses conséquences sur les cultures, la chasse ou la pêche…joli, non ?
Alain Sartelet

On dirait le titre d’un film de science-fiction !!! Mais à la fin du mois d’octobre 1826, sous le règne du roi Charles X, les habitants de Givet observèrent dans le ciel un très brillant météore qui explosa si violemment que les habitants crurent à l’explosion du fort de Charlemont ! Le phénomène a été décrit et publié dans les Mémoires de l’Académie Royale des Sciences, c’est tout dire ! Ce devait être la chute d’une météorite (ces vagabonds de l’espace !) qui explosa en se désagrégeant dans l’atmosphère terrestre, un phénomène bien connu des astronomes !
Alain Sartelet