Billet N°106 A. Sartelet

Un chandelier géant dans la Vallée

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Il était d’usage au moyen-âge que chaque édifice religieux d’importance possède un chandelier géant en bronze (ou plutôt en laiton) inspiré du célèbre chandelier antique en or du temple de Jérusalem. Un chandelier géant médiéval est connu à Notre-Dame de Mézières, il fut déplacé au 17ème siècle dans le chœur de la collégiale de Braux où l’on perd sa trace. C’était une œuvre probable des dinandiers de Dinant ou de Bouvignes, une œuvre colossale haute de plusieurs mètres et qui pesait une tonne. Il voyagea, vu sa taille et son poids,  sans doute sur une grande barge sur la Meuse entre Dinant, Givet, Mézières et Braux. Pour vous donner une idée de son aspect, voici (ci-dessus à gauche) celui du 12ème siècle conservé dans la cathédrale de Brunswick en Allemagne, il est haut de 5 mètres et ne pèse que la moitié du poids de notre chandelier mosan. Ces chandeliers exceptionnels avaient alors un sens liturgique très profond, les sept lumières étant les signes des sept dons de Dieu : sagesse, intelligence, conseil, force, science, piété et crainte de Dieu. (Ci-dessus à droite, reconstitution de la « Ménorah » d’or massif du temple de Jérusalem) Un aspect peu connu et étonnant du moyen-âge mosan.

Alain Sartelet

Billet N°105 A. Sartelet

1685, la triste « affaire des cadets » de Charlemont

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Le fort de Charlemont abritait sous Louis XIV, le « roi-soleil » une compagnie de cadets-gentilshommes, soit 475  garçons âgés de 15 à 24 ans. En mai 1685 se déroula un duel entre deux cadets s’acheva par la mort de l’un d’eux. Le survivant fut arrêté et condamné à mort mais grâce à des complicités il réussit à s’échapper. 17 autres cadets s’enfuirent avec lui et le menèrent au-delà de Namur mais les 17 garçons furent arrêtés à leur retour. L’affaire fit grand bruit et vint jusqu’au roi qui se déclara « chagrin et fort mal satisfait ». Un conseil de guerre fut organisé, le roi demanda cependant à ce que l’on épargne 7 garçons, les plus jeunes et les moins coupables. Les 10 autres furent condamnés à mort. Détail horrible, les condamnés, menés sur le lieu de l’exécution durent tirer au sort avec des billets de papier noir ou blanc, le blanc signifiant la vie, le noir la mort. Deux billets noirs décidèrent du sort de deux cadets qui furent fusillés sur le champ. Les huit autres furent ramenés en prison puis dispersés dans d’autres unités. Ce jour-là le soleil avait une tache !

Alain Sartelet

Billet N°104 A. Sartelet

Givet et Charlemont en 1581

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Magnifique,  ce détail d’une carte des environs de Givet (orthographié Gyvet) qui a longtemps appartenu à la Maison des ducs de Savoie, ce document extrêmement précieux est  aujourd’hui conservé à Turin. C’est sans doute une des plus anciennes représentations de Givet et de Charlemont,  le fort voulu par Charles Quint est tout juste achevé, devant lui se trouvent deux gros rochers de marbre dont l’un servira de base à l’actuel fort Condé (à noter aussi la potence avec un pendu).  La ville de Givet est encore en partie enfermée dans son antique muraille en demi-lune remontant au castrum carolingien, on y distingue la silhouette de l’église Saint-Hilaire et en front de Meuse ce qui doit correspondre au château et à la tour Victoire. Tout cela est certes assez schématique mais Charlemont, la partie primordiale de l’ensemble au point de vue militaire,  est représenté avec beaucoup de soin.

Alain Sartelet

Billet N°102 A. Sartelet

Le chef d’œuvre de Monsieur de Vauban

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C’est un authentique chef d’œuvre signé Vauban qui risque de disparaître à Givet, les fortifications du Mont d’Haurs sont en grave péril, effondrements, décollements de parements… C’est pourtant un lieu d’exception, quasiment le seul camp retranché du génial architecte subsistant en France. Le plus beau fleuron de cet ensemble unique est la grande porte datée de 1704, il s’y exprime grâce à un superbe dessin, de majestueux pilastres, toute la puissance du « roi-soleil » ici triomphe la force et la sobriété, plus de fioritures, aucune sculpture, seule la majesté demeure. Ne laissons pas disparaître cette merveille, véritable « cathédrale militaire » ! Bien qu’intégrée au parc naturel du Mont d’Haurs cette très belle porte est toujours en danger. Il est évidemment hautement louable de protéger les fleurs, les arbres et les créatures qui y vivent mais n’oublions pas les pierres surtout lorsqu’elles sont si bellement agencées de main d’homme.

Alain Sartelet

Billet N°102 A. Sartelet

Tout Givet sur un cachet de cire rouge

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Voici le sceau du « Magistrat » de Givet (assemblée des échevins), il figure sur un document daté de 1718 conservé aux archives départementales. Ce sceau est rarissime et tout à fait étonnant car on y voit les deux Givet, certes schématisés, en vue à vol d’oiseau. On reconnait la Meuse qui forme une courbe traversant le sceau de haut en bas, le pont de bateaux, le clocher de l’église Notre-Dame, le fort de Charlemont sur son rocher…Une vue à comparer avec la vue ci-dessous.

Alain Sartelet

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Billet N°101 A. Sartelet

Infernal, ce café !

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Il est bien oublié aujourd’hui le café que l’on buvait autrefois dans les forges ou les « boutiques » de la Vallée pour se donner courage et force afin de résister au dur labeur et à la chaleur torride des fourneaux Cela consistait à passer le café en remplaçant l'eau par de l’eau de vie bouillante ! Légende, ou réalité ???

(L'abus de café infernal est dangereux pour la santé)

Alain Sartelet

Billet N°100 A. Sartelet

Un tressage immémorial

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Dans le beau livre de Simenon, « Maigret chez les flamands », qui se déroule à Givet, un des personnages,  le vieux Peeters,  exerce la profession de vannier, un métier trop oublié aujourd’hui.  C’était pourtant un art qui remontait à la nuit des temps ainsi en témoigne cette reconstitution de fauteuil gallo-romain ou de char en osier (ci-dessous) ou encore ce superbe détail d’un tableau du flamand Lukas Van Valckenborch (ci-dessus) montrant la récolte des tiges de saule en hiver au bord d’un cours d’eau gelé.

Alain Sartelet

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Billet N°099 A. Sartelet

Le secret de l’église Saint-Hilaire de Givet

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Savez-vous que les sous-sols de l’église Saint-Hilaire de Givet renferment les précieux vestiges de l’ancienne église détruite par l’incendie de 1675. Il s’agit d’une portion du mur du chœur de l’ancienne église reconnaissable à ses pierres de taille bleues munies à la base d’un chanfrein (moulure longitudinale taillée en pente sur le devant). La position de ce mur montre que l’église ancienne était beaucoup plus petite que l’actuelle reconstruite sous Louis XIV au début de la domination française. Ce vestige aussi émouvant qu’intéressant a pu être découvert grâce à l’historien Patrice Bertrand. Un grand merci à Monsieur Pierre Cartiaux qui m’a permis d’accéder à ce mur et de vous faire partager ce tout petit fragment du passé médiéval de Givet. (Ci-dessous la base à chanfrein du chœur médiéval de l’église Saint-Georges de Vireux-Wallerand, petite merveille gothique trop méconnue).

Alain Sartelet

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Billet N°098 A. Sartelet

Les martyrs de Gorcum à Givet

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Les superbes boiseries de l’église Saint-Hilaire (provenant du couvent des Récollets) sont ornées de panneaux à la gloire des martyrs de Gorcum (ci-dessus). Gorcum est une ville de Hollande (Gorinchem aujourd’hui) où s’est déroulé en 1572 un des épisodes les plus atroces de la guerre qui opposait les indépendantistes protestants de Guillaume d’Orange-Nassau aux troupes catholiques du roi d’Espagne. Guillaume de La Marck, chef protestant, amiral des « Gueux de mer », parent du prince de Sedan et des anciens seigneurs de Givet-Agimont, s’empara de 19 religieux, prêtres et moines Récollets et Dominicains qui furent tous torturés, pendus et mutilés (ci-dessus et ci-dessous, documents du temps). Il était logique qu’à Givet les Récollets rendent hommage à leurs martyrs bien oubliés aujourd’hui mais qui sont pourtant le produit de conflits où il n’est pas toujours aisé de déméler le politique du religieux…

Alain Sartelet

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Billet N°097 A. Sartelet

Un portail de la Renaissance à Givet

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Ce très intéressant portail est maintenant encastré dans le mur d’une maison de la rue du Petit-Port à Givet. Il est aujourd’hui muré mais intact, c’est un très rare élément subsistant de l’urbanisme givetois antérieur à l’incendie de 1675 dû aux troupes de Louis XIV. On le sait, peu de choses subsistèrent car l’incendie dévora tout, maisons et églises. Cette belle porte moulurée en plein-cintre est sans doute l’ultime vestige d’une maison bourgeoise du temps de la domination espagnole, elle peut se comparer à d’autres portails de la région dont celui de l’église de Vireux-Wallerand daté de 1578 ce qui nous donne une assez juste idée de la datation de celui-ci. La ville de Givet n’a pas fini de nous révéler ses secrets, c’est un bonheur de flâner dans ses rues !

Alain Sartelet

Mairie de Givet
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