Billet N°122 A. Sartelet

Hierges, la ferme seigneuriale des comtes de Berlaymont

picture

Sur ce magnifique cliché pris vers 1900 (ci-dessus), la ferme seigneuriale de Hierges, apparaît dans toute sa splendeur héritée du 16ème siècle, elle est en effet contemporaine de la transformation du château en palais de la Renaissance par Charles de Berlaymont vers 1560 (ci-dessous ses armoiries). Autour d’une étroite cour centrale se déploient les divers bâtiments, trois granges, le petit pavillon carré de la forge et le logis, belle construction dotée de fenêtres à meneaux. L’ensemble très ramassé évoque les temps de guerre, un précieux témoin en subsiste : la porte fortifiée digne d’une entrée de château fort avec sa solide poutre de bois coulissante. Le logis est aujourd’hui la seule partie encore debout de cet ensemble remarquable. La « Cense Berlaymont » pour reprendre son ancien nom est entretenue avec soin et avec goût ce qui mérite d’être signalé, c’est aussi un des plus beaux endroits du village, bordé par les fraîches rives de la Jonquière, boisées et fleuries d’iris.

Alain Sartelet

picture

Billet N°121 A. Sartelet

Les colombages, un héritage venu du Moyen Âge

picture

Cette maison de Vireux-Wallerand (Ci-dessus à gauche), aujourd’hui disparue, était en partie construite en colombages, un usage très répandu au Moyen Âge dans la Vallée de la Meuse très riche en bois de charpente. Il subsiste assez peu de maisons construites de cette manière, les plus belles sont à Revin (dont, ci-dessus à droite, la célèbre maison « espagnole » construite avec des chênes abattus entre 1510 et 1515, l’année de la victoire de Marignan et du sacre de François Ier) mais il faudrait redécouvrir toutes celles de Vireux-Wallerand où les colombages subsistent. La plus ancienne maison en bois de la région se trouvait à Hierges (disparue) ses poutres étaient sculptées de personnages et elle portait la date gravée de 1413 ! Cependant, regardez bien (ci-dessous) cette façade de la maison forte de Foisches ou cette maison de Givet datée de 1751 le quadrillage des poutres de bois hérité du Moyen Âge a survécu très longtemps dans le style de la Renaissance mosane, la pierre bleue a simplement remplacé les poutres de bois ! Toute l’architecture de la région est ainsi imprégnée d’un héritage médiéval qui s’offre chaque jour à nos yeux !

Alain Sartelet

picture

Billet N°120 A. Sartelet

Or, argent et grenat, le bijou du Mont-Vireux

picture

Ce superbe bijou en argent doré serti de six grenats a été trouvé par l’archéologue J.P. Lémant au Mont-Vireux. Il a beau dater de la fin de l’époque mérovingienne (vers le 8ème siècle) il nous interpelle par ses belles lignes géométriques dignes d’une création contemporaine. C’est une plaque qui servait probablement à orner un vêtement ou le baudrier d’un militaire. L’orfèvre a utilisé un motif d’origine biblique, le « nœud de Salomon » un nœud sans début ni fin, puissant et populaire symbole d’éternité qui peut se lire dans un sens chrétien et qui fut largement utilisé de l’époque romaine à l’époque romane. (Ci-dessous à gauche mosaïque romaine décorée d’un nœud de Salomon, au centre un grenat et à droite une plaque ronde en or et grenat de l’époque mérovingienne. Patrick Périn, le célèbre archéologue d’origine ardennaise, a montré que les grenats très largement en vogue à l’époque mérovingienne étaient importés d’Inde, de quoi réviser nos idées sur les routes commerciales et la mobilité des hommes et des marchandises d’autrefois !).

Alain Sartelet

picture

Billet N°119 A. Sartelet

Raisins, melons, pêches, abricots…
Les jardins de Givet en 1787

picture

Voici un extrait du rapport sur la santé des habitants de Givet écrit par un médecin militaire, le docteur Michel, en 1787, à lire et à savourer : Nos jardins abondent en légumes de toute espèce et de la meilleure qualité ; les raisins, les melons, les pêches, les abricots, les prunes, les cerises, les poires, les pommes y mûrissent très bien et sont d’un goût délicat. La viande de boucherie est également très bonne, on donne la préférence au mouton d’Ardennes, dont la chair est d’un goût exquis. Le gibier est très commun dans ce pays et fort recherché pour son fumet. Les terres produisent des pois, des fèves, du colza, de la luzerne, de l’orge, du seigle, de l’avoine et de l’épeautre. Ce grain fait du pain très blanc. (Ci-dessus nature morte aux poires, pommes, raisins et melon, 1870).

Alain Sartelet

Billet N°118 A. Sartelet

« Cinquante écrevisses de la Meuse… »

picture

Voici une recette pour cuisiner les écrevisses de la Meuse  publiée en 1871 :  « Cinquante écrevisses de la Meuse, quatre gros oignons coupés en rouelles, émincez deux grosses carottes de Flandre. Ajoutez un bon morceau de beurre dans une casserole. Ajoutez thym, laurier, ail. Passez le tout jusqu’à la cuisson de la carotte. Ajoutez les écrevisses dans cette mirepoix et sautez-les jusqu’à leur cuisson. Retirez les écrevisses dans une soupière tenue chaudement. Ajoutez à la mirepoix une bonne bouteille de vin de Sauternes ou Meursault. Jetez une bonne poignée de gros sel, poivre ordinaire et un peu de piment, réduisez le tout de moitié. Ajoutez un bon morceau de beurre en arrêtant l’ébullition. Jetez le tout sur vos écrevisses. Ajoutez un jus de citron. Sautez le tout et servez chaud »…la table est mise, la belle vaisselle, les cristaux et le linge fin sont sortis, les invités s’annoncent….un fumet délicat monte de l’office en douces volutes…ce n’est hélas rien d’autre que le parfum de la nostalgie… Ecrevisses de Meuse où êtes-vous ?

Alain Sartelet

Billet N°117 A. Sartelet

Des obélisques sur le toit

picture

Les églises de Givet et de sa région avaient autrefois un air de famille, au moins quatre possédaient des toitures décorées d’obélisques aux angles, ces éléments de charpente recouverts d’ardoises ou de plomb à boule dorée formaient un beau décor élancé qui donnait une silhouette originale aux églises. On rencontre aussi ces éléments en Belgique dans bon nombre de toitures d’églises de l’époque Renaissance jusqu’au baroque. (Ci-dessus à gauche, l’église d’Aubrives, 1642, à droite l’église de Vireux-Wallerand, 1578 et ci-dessous à gauche l’église de Givet Notre-Dame dans son état de 1612. Au milieu l’église d’Hargnies, 17ème siècle et à droite l’église de Chimay, 1732).

Alain Sartelet

picture

Billet N°116 A. Sartelet

Une église gothique méconnue à Vireux-Wallerand

picture

L’église de Vireux-Wallerand, dédiée à saint Georges, le tueur de dragon, présente au regard un aspect sévère mais il faut en  faire le tour, vous découvrirez alors un chœur gothique intact depuis l’époque de sa construction en 1552, cette date est sculptée sur les remarquables voûtes gothiques en charpente, quasiment uniques dans les Ardennes. Il faut aussi admirer le clocher daté de 1578 et à l’intérieur une superbe cuve baptismale datée de 1584. Sculptée dans la magnifique pierre bleue de Givet, sa caractéristique très rare pour la région est de présenter sur ses côtés les symboles sculptés des quatre Evangélistes. Dans une région où très peu de bâtiments de la fin de l’époque gothique ont survécu aux guerres, l’église de Vireux-Wallerand, malgré sa nef reconstruite après 1823, se présente comme une remarquable et précieuse exception à faire connaître et à mettre davantage en valeur (Ci-dessus à gauche  le chevet de 1552 et ci-dessus à droite le « saint Matthieu » de la cuve baptismale) Toute la région de Givet regorge de merveilles d’architecture encore trop ignorées !

Alain Sartelet

Billet N°115 A. Sartelet

Au temps où le maître de la foudre dominait le Mont-Vireux

picture

Il y eut à l’époque romaine sur le Mont-Vireux un formidable monument dédié au dieu Jupiter. Aujourd’hui réduit à l’état de fragments, ce monument a été identifié par l’archéologue J.P. Lémant. C’était une très grande colonne en pierre bleue, probablement peinte, supportant une statue de Jupiter à cheval brandissant son foudre sous forme de faisceaux d’éclairs et terrassant un « géant » à queue de serpent, ce groupe sculpté était censé protéger les récoltes. Très répandu dans l’est de la gaule romaine ce type de colonne symbolisait la lutte du bien contre les forces mauvaises et souterraines. Il y eut de nombreuses colonnes de ce modèle dans les Ardennes, plus ou moins grandes, celle de Mouzon, colossale, atteignait 15 mètres de hauteur. La destruction volontaire de la colonne de Vireux fut la marque de l’implantation et du triomphe du christianisme dans la région au 4ème siècle. (Ci-dessus à gauche un Jupiter trouvé en Lorraine et à droite une restitution Allemande montrant les vives couleurs d’origine) Assurément, à l’époque romaine la grande colonne du Mont-Vireux devait se voir de loin !

Alain Sartelet

Billet N°114 A. Sartelet

Fromelennes, une ferme abbatiale de Félix Pré ?

picture

Imposante construction des années 1780, en brique et pierre bleue, la « Ferme » de Fromelennes est bien mystérieuse car on ignore encore ses liens historiques réels avec la toute proche abbaye de Félix Pré. Ce qui est sûr c’est que ce bâtiment est inhabituel par sa taille et par sa division en logis (partie droite détériorée et abaissée mais avec une très belle porte conservée, ci-dessus à droite) et partie agricole à grand portail (ci-dessus à gauche) Les caves renferment plusieurs fragments de pierres tombales provenant sans doute de l’église abbatiale dont un morceau de tombe d’abbesse ( ?) orné de colonnettes gothiques typiques du 14ème siècle (dessin ci-dessous) la ferme de Fromelennes a aussi conservé, c’est rare, deux de ses épis de faîtage en cuivre verdi par le temps (ci-dessous à droite).

Alain Sartelet

picture

Billet N°113 A. Sartelet

La « Vanité » de Rancennes

picture

La toute petite église de Rancennes est d’aspect bien modeste mais son intérêt est immense au point de vue de l’histoire puisqu’elle est bâtie sur les restes d’une très grande villa romaine. A l’intérieur une plaque de marbre (17ème siècle ?) a été remployée dans le socle d’un des autels. On y voit une « Vanité » c’est-à-dire une évocation édifiante des symboles de la brièveté des choses terrestres, un sablier ailé, image du temps qui s’enfuit, un ange tenant une faux, appuyé sur un crâne reposant sur une étoffe parsemée de larmes et enfin à gauche une pelle et une pioche, instruments évoquant clairement le creusement de la tombe avec un bassin, une paille et des bulles de savon, image suprême des choses qui ne durent pas. Le thème des bulles de savon (comme celui du verre fragile) eut une vogue extrême autrefois dans l’art des natures mortes comme sur ce détail d’un tableau de 1650.

Alain Sartelet

picture

Mairie de Givet
Résumé de la politique de confidentialité

Ce site utilise des cookies afin que nous puissions vous fournir la meilleure expérience utilisateur possible. Les informations sur les cookies sont stockées dans votre navigateur et remplissent des fonctions telles que vous reconnaître lorsque vous revenez sur notre site Web et aider notre équipe à comprendre les sections du site que vous trouvez les plus intéressantes et utiles.