Billet N°102 A. Sartelet

Tout Givet sur un cachet de cire rouge

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Voici le sceau du « Magistrat » de Givet (assemblée des échevins), il figure sur un document daté de 1718 conservé aux archives départementales. Ce sceau est rarissime et tout à fait étonnant car on y voit les deux Givet, certes schématisés, en vue à vol d’oiseau. On reconnait la Meuse qui forme une courbe traversant le sceau de haut en bas, le pont de bateaux, le clocher de l’église Notre-Dame, le fort de Charlemont sur son rocher…Une vue à comparer avec la vue ci-dessous.

Alain Sartelet

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Billet N°101 A. Sartelet

Infernal, ce café !

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Il est bien oublié aujourd’hui le café que l’on buvait autrefois dans les forges ou les « boutiques » de la Vallée pour se donner courage et force afin de résister au dur labeur et à la chaleur torride des fourneaux Cela consistait à passer le café en remplaçant l'eau par de l’eau de vie bouillante ! Légende, ou réalité ???

(L'abus de café infernal est dangereux pour la santé)

Alain Sartelet

Billet N°100 A. Sartelet

Un tressage immémorial

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Dans le beau livre de Simenon, « Maigret chez les flamands », qui se déroule à Givet, un des personnages,  le vieux Peeters,  exerce la profession de vannier, un métier trop oublié aujourd’hui.  C’était pourtant un art qui remontait à la nuit des temps ainsi en témoigne cette reconstitution de fauteuil gallo-romain ou de char en osier (ci-dessous) ou encore ce superbe détail d’un tableau du flamand Lukas Van Valckenborch (ci-dessus) montrant la récolte des tiges de saule en hiver au bord d’un cours d’eau gelé.

Alain Sartelet

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Billet N°099 A. Sartelet

Le secret de l’église Saint-Hilaire de Givet

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Savez-vous que les sous-sols de l’église Saint-Hilaire de Givet renferment les précieux vestiges de l’ancienne église détruite par l’incendie de 1675. Il s’agit d’une portion du mur du chœur de l’ancienne église reconnaissable à ses pierres de taille bleues munies à la base d’un chanfrein (moulure longitudinale taillée en pente sur le devant). La position de ce mur montre que l’église ancienne était beaucoup plus petite que l’actuelle reconstruite sous Louis XIV au début de la domination française. Ce vestige aussi émouvant qu’intéressant a pu être découvert grâce à l’historien Patrice Bertrand. Un grand merci à Monsieur Pierre Cartiaux qui m’a permis d’accéder à ce mur et de vous faire partager ce tout petit fragment du passé médiéval de Givet. (Ci-dessous la base à chanfrein du chœur médiéval de l’église Saint-Georges de Vireux-Wallerand, petite merveille gothique trop méconnue).

Alain Sartelet

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Billet N°098 A. Sartelet

Les martyrs de Gorcum à Givet

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Les superbes boiseries de l’église Saint-Hilaire (provenant du couvent des Récollets) sont ornées de panneaux à la gloire des martyrs de Gorcum (ci-dessus). Gorcum est une ville de Hollande (Gorinchem aujourd’hui) où s’est déroulé en 1572 un des épisodes les plus atroces de la guerre qui opposait les indépendantistes protestants de Guillaume d’Orange-Nassau aux troupes catholiques du roi d’Espagne. Guillaume de La Marck, chef protestant, amiral des « Gueux de mer », parent du prince de Sedan et des anciens seigneurs de Givet-Agimont, s’empara de 19 religieux, prêtres et moines Récollets et Dominicains qui furent tous torturés, pendus et mutilés (ci-dessus et ci-dessous, documents du temps). Il était logique qu’à Givet les Récollets rendent hommage à leurs martyrs bien oubliés aujourd’hui mais qui sont pourtant le produit de conflits où il n’est pas toujours aisé de déméler le politique du religieux…

Alain Sartelet

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Billet N°097 A. Sartelet

Un portail de la Renaissance à Givet

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Ce très intéressant portail est maintenant encastré dans le mur d’une maison de la rue du Petit-Port à Givet. Il est aujourd’hui muré mais intact, c’est un très rare élément subsistant de l’urbanisme givetois antérieur à l’incendie de 1675 dû aux troupes de Louis XIV. On le sait, peu de choses subsistèrent car l’incendie dévora tout, maisons et églises. Cette belle porte moulurée en plein-cintre est sans doute l’ultime vestige d’une maison bourgeoise du temps de la domination espagnole, elle peut se comparer à d’autres portails de la région dont celui de l’église de Vireux-Wallerand daté de 1578 ce qui nous donne une assez juste idée de la datation de celui-ci. La ville de Givet n’a pas fini de nous révéler ses secrets, c’est un bonheur de flâner dans ses rues !

Alain Sartelet

Billet N°096 A. Sartelet

Superbe et méconnu, le moulin à vent de Givet

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Encore trop méconnu des Givetois, ce magnifique moulin est caché au nord de Givet, il porte le beau nom de « Mon-Bijou », le terme est ancien et le moulin apparaît sur le cadastre de Givet en 1823 (ci-dessous). C’est un « moulin-tour » bâti en brique et en pierre bleue, il reprend en cela et à l’aube du 19ème siècle les caractéristiques du style dit « Renaissance mosane ». Cette superbe construction à la forme conique très prononcée est en cours de restauration, il ne lui manque plus que ses ailes…regardez cet autre moulin du même style cela vous donnera un apperçu de son aspect futur.

Alain Sartelet

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Billet N°095 A. Sartelet

Les plaisirs et hasards heureux du patinage

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Bien que cette scène, détail d’un tableau de 1593 du peintre flamand Lucas Van Walckenborch, se déroule sur l’Escaut à Anvers on peut très bien imaginer une scène semblable sur la Meuse immobilisée par les glaces pendant l’un des très rigoureux hivers du temps. Admirez ces merveilleux petits personnages pleins de vie et que dire de cette jeune fille en robe jaune et portant une fraise (c’est donc une dame « de qualité » ) qui vient de faire un faux-pas et se retrouve en fâcheuse posture, sans patins, robe retroussée,  on voit ses jambes et un bout de son jupon blanc (Oh !). Mine de rien, cette petite scène comique est aussi un peu coquine, l’un des personnages, en l’occurrence le garçon à bonnet rouge, découvre ce qui devait rester caché… Le peintre Lucas Van Walkenborch n’en était pas à son coup d’essai, regardez ce détail (ci-dessous à droite) d’une scène de patinage datée de 1575, un prélude à d’autres tableaux plus connus (les hasards heureux de l’escarpolette de Fragonard, souvenez-vous ! détail en bas à gauche).

Alain Sartelet

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Billet N°094 A. Sartelet

Un vaisseau de lumière

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Rêvons un peu, vous connaissez tous l’austère couvent des Récollets et sa nef vide et sombre. Il n’en a pas toujours été ainsi, autrefois la lumière y entrait à flots, toute la journée, du lever  au coucher du soleil, scandant les prières, les onze fenêtres sud et les trois fenêtres nord, hautes et larges ont hélas été murées à la Révolution. Cette magnifique église est impressionnante par son vaste volume intérieur et ses voûtes si particulières dont les arcs reposent sur d’élégantes consoles. Ce vaisseau montre une beauté simple, presque cistercienne, digne en tout point d’une église d’un ordre mendiant voué à la charité et à la prière. Cette belle architecture mériterait une réhabilitation, une remise en lumière en quelque sorte. Imaginez la beauté du lieu, avec les fenêtres ouvertes à nouveau sur le ciel et dotées de vitraux blancs…rêvons un peu !

Alain Sartelet

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Billet N°093 A. Sartelet

Convivialité fluviale

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D’après un texte de 1615 il régnait une belle ambiance à bord des nefs marchandes qui sillonnaient la Meuse. Chacun y apportait des victuailles, de la bière ou du vin que l’on partageait entre passagers en devisant pendant les étapes du voyage, Givet-Dinant, Dinant-Namur etc. Le maistre batelier vendait lui-même de la bière à bord mais elle était jugée « mauvaise et bien nouvelle » Les cabines étaient un petit monde clos propice, un instant, aux agréables rencontres de « gens de toutes sortes ». Sur cette vue de l’intérieur d’un coche d’eau en 1760, on fume de longues pipes en terre blanche, on écrit, on boit un petit gobelet de vin tiré d’une bouteille mise à rafraîchir à la traine dans l’eau du fleuve…on dirait que le temps s’est arrêté, la lenteur du fleuve est palpable, délicieuse flânerie mosane. (ci-desous une bouteille à vin du 18ème siècle, De Troy, « Le déjeuner d’huitres », 1735, détail, musée Condé Chantilly).

Alain Sartelet

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Mairie de Givet
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