Billet N°141 A. Sartelet

Depuis 1498, une voix qui traverse les siècles

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1498, c’est la date de création de cette cloche, la plus ancienne de toute la région. Elle provient de l’ancienne chapelle des Vieux-Moulins d’Hargnies. Elle a ensuite sonné dans la chapelle Saint-Antoine des Hauts-Buttés, ce haut-lieu des Ardennes spirituelles. Elle a trouvé le repos dans la petite chapelle des fonts baptismaux. Il est émouvant aujourd’hui d’en faire sonner le bronze, c’est une voix inchangée, un son préservé depuis des siècles, né la même année que le sacre de Louis XII et d’Anne de Bretagne. En 1498 Christophe Colomb effectuait son troisième voyage et Léonard de Vinci achevait de peindre « la Cène ».

Alain Sartelet

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Billet N°140 A. Sartelet

L’art du trompe-l’œil

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Cela peut paraître paradoxal mais la région de Givet, si riche en marbres magnifiques dont le sublime rouge de Charlemont, a très peu utilisé ces nobles matériaux pour ses édifices civils ou religieux. Les somptueux autels baroques de l’église Saint-Hilaire ne sont que de bois peint imitant le marbre. La raison ? les marbres étaient alors des matériaux de grand prix presque exclusivement destinés à l’exportation vers les chantiers royaux (Versailles, le couvent du Val de Grâce…) la population locale dut se contenter de trompe-l’œil, certes,  mais d’une qualité éblouissante comme en témoignent les deux détails ci-dessus, richesse des formes, contrastes de l’or, des gris et des rouges ! A voir aussi (ci-dessous) le majestueux retable du 17ème siècle de l’église de Hierges (hélas fermée trop souvent !).

Alain Sartelet

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Billet N°139 A. Sartelet

Une forêt dans les combles de Saint-Hilaire

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Photographiée par Monsieur Pierre Cartiaux, voici la magnifique charpente qui domine le chœur de l’église Saint-Hilaire de Givet. Cet impressionnant nœud de charpente s’appelle une enrayure et il date de la fin des travaux de reconstruction de l’église par Louis XIV. Ces travaux sont faciles à dater, l’année de couverture a été inscrite en chiffres monumentaux et plein de fantaisie à la voûte du chœur, 1702 ! Ils sont formés de fleurs et de végétaux réalisés en stuc. Un détail semble très troublant, remarquez cette drôle de fleur en fin de date, ne serait-ce pas une allusion à la comète découverte un matin d’avril 1702, bien lumineuse au-dessus de l’horizon ? l’artiste, anonyme, a-t ’il voulu immortaliser un signe du ciel ?

Alain Sartelet

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Billet N°138 A. Sartelet

Abbaye Notre-Dame de Félix Pré, un triste spectacle !

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C’était une des dernières granges monastiques des Ardennes, elle n’existe plus ! l’ignorance a triomphé. Cette grange cistercienne était pourtant miraculeusement parvenue intacte jusqu’à nous avec son splendide portail aux armes de l’abbesse Bernarde de Ratky ornées de lions , d’une crosse, d’une couronne et de la croix de l’ordre militaire et royal de Saint-Louis. La date de construction, 1763, y était gravée. Sur la façade arrière 4 ancres de fer formaient la même date. Cette démolition avait pourtant reçu un avis défavorable de l’architecte des Bâtiments de France mais rien n’y a fait. C’était sans compter sur les « réseaux sociaux » et l’intervention de quelques personnes vigilantes et celle, décisive, du maire de Givet, la pierre armoriée a pu être épargnée (de justesse) c’est une petite consolation. Le site de Félix Pré semble hélas voué au pire, rappelons ici qu’il y a trois ans disparaissait le portail médiéval de la cour agricole de l’abbaye et sa niche gothique des années 1520 (ci-dessous à droite). Il reste encore à ce jour le logis à pavillon du fermier, un beau bâtiment du 18ème siècle, encore intact, jusqu’à quand ? (clichés Pascal Gaulain et Alain Sartelet).

Alain Sartelet

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Billet N°137 A. Sartelet

Les tournesols de Saint-Hilaire

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Chef-d’œuvre encore trop méconnu, jamais étudié en détail, l’orgue de l’église Saint-Hilaire de Givet est à redécouvrir…et à restaurer. Son splendide et élégant buffet orné de peintures sur bois est contemporain de la reconstruction de l’église entre 1680 et 1706. Il est tout ruisselant de motifs sculptés et dorés qui font la part belle aux fleurs de tournesol et ce n’est certes pas un hasard ! Le tournesol était en ce temps un symbole religieux et monarchique. Cette fleur toujours tournée vers le soleil était vue comme l’image du Christ et du roi. Quoi de plus naturel pour une église reconstruite par Louis XIV que de rendre hommage à son bâtisseur ! A titre d’exemple, regardez cet autoportrait du peintre Van Dyck (1632, ci-dessous) il y montre sa fidélité à son roi assimilé à un grand tournesol et à l’héritier du trône symbolisé par un bourgeon.

Alain Sartelet

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Billet N°136 A. Sartelet

Les abeilles de Revin

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Trois abeilles d’or sur champ d’azur figurent sur les armoiries du célèbre théologien revinois Charles René Billuart (1675-1687) sur sa pierre tombale et sur la chaire de Vérité, accompagnées de sa devise LABORE ET ARTE (avec travail et habileté) L’abeille, fort utile à l’homme par son miel est une créature symboliquement « chrétienne » puisqu’elle fournit la cire destinée à illuminer les autels. La ruche et sa reine sont aussi un symbole de l’Eglise placée sous le commandement de Dieu. Ces armoiries ont été choisies par le pieux et lettré Dominicain sans doute pour rendre un hommage polititique et spirituel au pape Urbain VIII Barberini (1568-1644) et à Antoine Barberini archevêque-duc de Reims (1607-1671) tous en effet portent des armes presque similaires, seule la position des abeilles change (ci-dessous, vitrail de l’église Santa-Maria in Aracoeli, Rome).

Alain Sartelet

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Billet N°135 A. Sartelet

Pour trente deniers…

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Ce chef d’œuvre du milieu du 17ème siècle se trouve en l’église Saint-Maurice d’Aubrives. Admirons ce tableau aux merveilleux coloris acidulés qui représente la Cène, le dernier repas du Christ. Autour d’une table ovale nappée de bleu ciel, siègent Jésus de face, nimbé de lumière et les douze apôtres drapés de jaune, de bleu, de rose et de vert. Seuls deux disciples sont identifiables, Jean, la tête appuyée sur la poitrine du Christ et Judas qui tient dans son dos la bourse, fruit de sa trahison. Autre symbole fort : le plat central contient un agneau, image du sacrifice du Christ « agneau de Dieu ». Cette très belle toile a été offerte à l’église en 1657 en l’honneur de la confrérie du Saint-Sacrement par Henry Mareschal, militaire au service du roi d’Espagne Philippe IV et son épouse Anne Catherine de Haussart apparentée à la famille des Auxbrebis, les seigneurs d’Aubrives. Les armes du donateur figurent sur le tableau, elles combinent étoiles et grappes de raisin, on retrouve les armoiries des Mareschal sur ce jeton de la même époque (ci-dessus à gauche et en couleur ci-dessous).

Alain Sartelet

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Billet N°134 A. Sartelet

La galerie de Foisches

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Bien que mutilée et murée la galerie de la ferme dite « des Templiers » (en fait elle n’a aucun rapport avec les chevaliers de l’ordre du Temple) présente côté cour une remarquable suite de sept arcades reposant sur des colonnes toscanes de pierre bleue supportant des claveaux sculptés qui ont tous été martelés  sans doute parce qu’ils représentaient des têtes d’animaux jugés trop monstrueux. De quand date cette splendide architecture ?, les avis divergent mais il est probable que la ferme soit la résidence fortifiée bâtie à la fin du 16ème siècle ou au début du 17ème siècle par un riche fournisseur aux armées, Jacques du Haulsart ou Hilaire Waultier. Cette galerie devait être à l’origine très proche d’une galerie de cloître comme celle des Franciscains de Liège (ci-dessous). Merveilleuse Renaissance mosane !

Alain Sartelet

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Billet N°133 A. Sartelet

Des tôles de cuivre pour la marine royale

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C’est à Landrichamps que subsiste cette magnifique « batterie » de cuivre fondée en 1787 par un capitaine d’industrie wallon, Antoine-Laurent de Jacquier de Rosée. On laminait ici de grandes plaques de cuivre destinées à doubler la partie immergée de la coque des navires de guerre ou de commerce (ci-dessous, les ETATS DE BOURGOGNE, un des derniers « trois-ponts » lancé par la monarchie en 1790 et son doublage en cuivre rouge sous la ligne de flottaison) Ce procédé permettait d’éviter les dégâts causés par les tarets, des mollusques marins friands de bois. La région de Givet possède un patrimoine industriel de la plus grande importance. La « batterie » de Landrichamps fut en effet une des premières de France à laminer des tôles de cuivre de grande taille mais on y fabriquait aussi et du fil de laiton et des chaudrons faisant suite aux célèbres dinanderies.

Alain Sartelet

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Mairie de Givet
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