
Cela se passait au mois de juin 1897, un habitant de Hargnies découvrit en bêchant son jardin (l’adresse exacte est perdue !) une monnaie d’or identifiée comme étant un ducat d’or frappé en 1578 par Richard de Simmern un seigneur du Palatinat (en Allemagne près de Coblence). Cette monnaie était en or fin à 24 carats et pesait 3,5 grammes, elle a été décrite soigneusement en 1897 mais a été perdue depuis. Pour avoir une idée de ce à quoi elle ressemblait, voici (ci-dessus) une de ses sœurs jumelles. Cette trouvaille évoque une importante circulation des biens et des personnes, marchands, civils, religieux ou militaires dans la vallée mosane, mais aussi un intense brassage des monnaies, on rencontrait alors dans notre région des espèces venant de France, des Pays-Bas espagnols, d’Allemagne ou de la principauté de Liège. Les changeurs avaient fort à faire ! (ci-dessus détail d’un tableau de 1654 « le peseur d’or » mettant en scène un « trébuchet » petite balance qui a laissé son nom dans l’expression « des espèces sonnantes et trébuchantes »).
Alain Sartelet

Voici deux clichés exceptionnels, la vue aérienne du camp retranché du Mont d’Haurs prise d’avion en 1948 (ci-dessus à droite), il n’y avait alors aucun arbre, comme du temps de Vauban d’ailleurs, aussi la ligne des fortifications apparaît très nettement, on voit même les piles du pont de la grande porte (détail ci-dessous, les piles ont disparu depuis) La demi-lune possédait sa propre porte ornée de pilastres, on la voit ici vers 1890 (ci-dessus à gauche), ne la cherchez pas, elle s’est presque complètement effondrée, seule subsiste la magnifique porte principale (ci-dessous à droite). La protection et la restauration des fortifications du Mont d’Haurs sera-t-elle bientôt d’actualité ? On se prend à rêver d’y voir, un jour, s’ouvrir un chantier comme celui, en tous points remarquables, du fort Condé…
Alain Sartelet


Monsieur Pierre Cartiaux vient de signaler cette belle découverte faite dans le clocher de l’église : un palier de l’escalier à vis qui mène aux cloches est formé d’une pierre tombale de pierre bleue. Elle est malheureusement incomplète, il manque l’inscription ! Le blason principal ovale est surmonté d’un casque orné d’un lion encadré de deux ailes (un « vol » en héraldique). On distingue cinq « quartiers » portant de curieuses armoiries formées de deux serpettes de vigneron encadrant une étoile et une curieuse dentelure (un blason « émmanché ») qui pourrait appartenir à une branche de la famille de Landas originaire du Hainaut. Cette dalle funéraire est datable de la première moitié du 17ème siècle et pourrait provenir de l’ancienne église incendiée en 1675 ? Les recherches ne font que commencer…
Alain Sartelet


Au numéro 2 de la Rue du Cygne à Givet se trouvait autrefois une splendide pharmacie ornée d’un décor doré de palmettes, de vases et de fleurs, sur fond noir ou vert. Les grands vases ne sont pas sans rappeler le style de la Restauration. En fait cette maison (la plus étonnante du vieux Givet avec ses trois fenêtres ornées au fronton) datait de 1849. Rien n’a survécu de ce décor, sans doute le plus beau de la ville à son époque, dommage ! Que se passait-il en 1849 ? Le roi Louis-Philippe était en exil (ci-dessous à gauche) la Deuxième République avait à sa tête un « prince-président » Louis-Napoléon Bonaparte (ci-dessous à droite) C’est ce premier président de la République Française qui allait bientôt revêtir la pourpre impériale sous le nom de Napoléon III…
Alain Sartelet


Elle devait avoir fière allure la résidence du roi à Givet (ci-dessus restitution Alain Sartelet) remaniée en 1614 par le génial architecte Wenceslas Cobergher pour servir de résidence au roi Philippe III (ci-dessus à droite) mais le roi n’y est jamais venu. Ce complexe résidentiel et administratif était formé, en bord de Meuse, par divers éléments d’époques différentes remontant au vieux castrum du 10ème siècle modifié par les comtes de Chiny puis par les La Marck, comtes d’Agimont à qui l’on doit le remaniement de la tour Victoire, le seul vestige aujourd’hui visible de cet ensemble rasé par Vauban. On y trouvait tout, des granges pour le stockage des grains, un jardin, des écuries, une « Grande Salle » d’apparat, des étables pour les porcs, les inventaires mentionnent même le « tourne-rosty » des cuisines, sans doute un mécanisme identique à celui-ci-dessous.
Alain Sartelet


Ce dessin du 17ème siècle (en haut à gauche) conservé au musée du Louvre représente les armoiries anciennes de la ville de Revin, trois cercles noirs (« de sable » pour parler comme les héraldistes) sur champ d’or. Mais que représentent ces armes mystérieuses ??? En langage héraldique ces cercles sont en réalité des « vires », nom qui indique un mouvement circulaire. En anglais, c’est plus clair, on les dénomme « whirlpool » ce qui signifie tourbillon. On se rapproche d’une probable explication : peut-être faut-il y voir un symbole des eaux dangereuses et tourbillonnantes de la Meuse ? Ces armoiries (à seulement deux « vires » ou cercles) figuraient sur l’ancienne halle du 18ème siècle et ont été heureusement conservées (ci-dessous, cliché François Lorent) les armes actuelles de Revin (ci-dessus à droite) ont prévalu sur ces mystérieux « tourbillons » sans doute hérités du Moyen-Age.
Alain Sartelet


Saint Antoine de Padoue n’est pas révéré qu’aux Hauts-Buttés, il a sa statue et son tableau dans l’église Saint-Hilaire de Givet, une toile du 17ème siècle aux frais coloris, on admirera l’angelot aux ailes vertes, drapé d’orange ! Lorsqu’on regarde attentivement on aperçoit un petit détail à peine visible et qui fait tout le charme de cette toile, l’Enfant-Jésus interromp la lecture, agrippe la capuche du saint, chiffonne une page du missel et joue avec un chapelet formé de perles de corail (ci-dessus à droite) le corail était réputé pour éloigner les forces du mal et favoriser la pousse des dents chez les enfants (ci-dessous à gauche, détail d’un tableau du 16ème siècle). La pratique du chapelet était très en vogue à Givet où une confrérie de « Notre-Dame du Rosaire » avait vu le jour en 1618 au temps de la domination espagnole. Cette confrérie avait un autel dans la chapelle Notre-Dame de Montaigu près du fort de Charlemont. A la destruction de cette chapelle sur ordre de Vauban vers 1687 la confrérie fut transférée dans l’église Saint-Charlemagne de Charlemont.
Alain Sartelet


C’est l’un des plus beaux objets anciens de l’église Saint-Hilaire, cette grande croix est formée de bois noirci imitant l’ébène et de feuilles d’écaille (de tortue) teintée de rouge. Un beau Christ de bronze autrefois argenté complète cette franche et chaude polychromie si prisée à l’époque de Louis XIV, on la retrouve fréquemment dans le mobilier du temps ainsi dans ce cadre ou ce cabinet (ci-dessous) Le patrimoine artistique de la région est formidablement méconnu !!!
Alain Sartelet


Silencieuse et immobile depuis l’éléctrification des sonneries de Saint-Hilaire, la machine qui autrefois règlait les heures dort toujours dans le clocher lentement recouverte de poussière. Pourtant cette merveille de technologie datée de 1859 est sortie d’un des plus grands ateliers d’horlogerie du 19ème siècle, celui des frères Ungerer, vous connaissez peut-être une de leurs œuvres les plus spectaculaires, l’horloge astronomique de la cathédrale de Strasbourg ! rien moins que cela ! Témoin du soin délicat apporté alors à l’esthétique d’une triviale machinerie, les petites colonnes toscanes en fer qui supportent le bâti. Toute cette merveille mériterait mieux que l’oubli non ?
Alain Sartelet


Ce beau calice en argent doré est un souvenir historique méconnu signalé par Monsieur Pierre Cartiaux de Givet. C’est une œuvre datée de 1908 ornée de frises de grappes de raisins et de médaillons représentant Marie, Joseph (tenant un lys symbole de pureté) et un Christ bénissant (ci-dessous) surmonté d’une croix émaillée de bleu et de rouge. Outre son intérêt artistique c’est l’inscription qui figure sous le pied qui fait toute la valeur de ce calice car il a été offert à l’abbé Godet en mémoire de Madame veuve Hasslauer qui n’était autre que la propriétaire des usines Gambier, la célèbre fabrique de pipes en terre. Détail pittoresque, un autre calice, en pierre celui-là, figure aux mains de la figure de la Foi sur la très remarquable chapelle funéraire de la famille Hasslauer (ci-dessus).
Alain Sartelet
