Billet N°171 A. Sartelet

Le salut dans la fuite…

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Dans notre exploration du merveilleux patrimoine de la région, religieux, militaire ou civil, nous nous arrêterons aujourd’hui sur ce délicat petit tableau (1) qui passe inaperçu tant il est mal placé, toujours à contre-jour sous une fenêtre de l’église Saint-Hilaire de Givet. C’est pourtant une belle œuvre du 17ème siècle représentant « Le repos pendant la fuite en Egypte », épisode célèbre et dramatique des Evangiles où l’on voit Marie, Joseph et Jésus échapper aux persécutions du roi Hérode (le « massacre des Innocents »). Ici le peintre, inconnu, nous montre une halte pleine de charme et de tendresse, l’enfant Jésus, bien potelé et bien rose, est assoupi, bercé par les chants des angelots dont l’un joue du chalumeau (3). Joseph, à l’arrière-plan, est comme effacé presque fondu dans un arrière-plan plein de ténèbres. A droite une trouée de ciel bleu domine un paysage barré d’un pont fortifié. Un ange blond et bouclé (2) offre des fruits, c’est Gabriel, l’archange, un des messagers de Dieu.

Alain Sartelet

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Billet N°170 A. Sartelet

L’église Saint-Martin de Vireux, un édifice en deuil

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L’église Saint-Martin de Vireux-Molhain (1) a été bâtie en 1722 (2), elle présente une très remarquable caractéristique architecturale identifiée par l’historien André Majewski. L’église en effet possède une « litre funéraire » ou « ceinture de deuil », une bande d’enduit courant sur tout le pourtour de l’édifice et qui jadis était peinte en noir et ornée des blasons du seigneur local, le comte de Hamal : (3, de gueules à cinq fusées d’argent). Ainsi c’est l’édifice tout entier qui prenait le deuil à la mort du seigneur ! En 1900 la ceinture funéraire était encore bien plus nette qu’aujourd’hui (1, la large bande grise sur la photo), mais avec le temps la couleur noire et les blasons se sont effacés cependant la bande d’enduit subsiste toujours aujourd’hui, à peine lisible. Très répandues autrefois, les litres sont devenues rares, il en subsiste cependant de beaux exemples en France (4, église Saint-Germain de Creysse, Lot, litre funéraire aux armes de La Tour d’Auvergne, vicomte de Turenne).

Alain Sartelet

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Billet N°169 A. Sartelet

Haybes, le fer et le feu de Moraypré

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A Haybes, il est un site absolument remarquable, Moraypré, où l’on voit encore les restes d’un haut-fourneau remontant probablement au 16ème siècle. Il subsiste en pleine forêt une partie du « gueulard » (1) vitrifié par la formidable chaleur que nécessitait la fonte de grandes barres de fer, les fameuses « gueuses » (2). Pour avoir une idée de l’allure d’origine d’un tel site il faut se référer au merveilleux tableau de Marten van Valckenborch (1535-1612) qui nous montre un fourneau en activité (3) avec sa roue à aube chargée d’animer le soufflet de la forge. Le fourneau de Moraypré cessa de fonctionner vers 1638 mais le site demeure à nos yeux un lieu capital pour l’histoire de la métallurgie ardennaise.

Alain Sartelet

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Billet N°168 A. Sartelet

Sainte Rita, une immigrée italienne à Givet

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L’église Saint-Hilaire de Givet renferme un précieux dépôt, une relique de sainte Rita de Cascia en Ombrie (1381-1457), épouse, mère, veuve puis religieuse Augustine. Elle fut miraculeusement blessée au front par une épine de la couronne du Christ. On la représente toujours avec une plaie au front (3). La légende rapporte aussi que la sainte, lorsqu’elle était un bébé fut nourrie au miel par des abeilles. On l’invoque pour les causes difficiles et désespérées. En France c’est à Givet au début du 20ème siècle que son culte apparaît pour la première fois, importé par de pieux immigrés italiens. De très nombreux ex-voto témoignent de cette ferveur dans l’église ainsi que ce beau reliquaire de bronze doré (1) enfermant une capsule contenant un fragment d’os de la sainte encore très révérée aujourd’hui à Givet.

Alain Sartelet

Billet N°167 A. Sartelet

La timbale de Saint-Hubert

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Rarissime témoignage de l’ancienne orfèvrerie de l’abbaye de Saint-Hubert en Belgique, ce beau gobelet d’argent du 15ème siècle est à présent exposé au musée du Louvre. Simple dans sa forme, il laisse toute la place à la beauté du métal précieux. Une inscription gothique court sur la lèvre du gobelet : « un dieu, un roi, une foi ». Très en vogue au moyen-âge, cette devise était une sorte de serment politico-religieux, un « credo » venu d’un autre monde. Des armoiries et une seconde inscription plus récente nous indiquent que ce gobelet appartint un temps à l’abbé Jean Balla élu à la tête de l’abbaye en 1586.

Alain Sartelet

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Billet N°166 A. Sartelet

Un coq de bronze à Givet

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Vous passez souvent sans le voir, le coq de Givet ! Fièrement dressé sur le monument aux morts. Le coq est un des emblèmes de la France dont l’origine est fort lointaine, il était déjà là du temps des gaulois et se moque des régimes, on le retrouve aussi bien sur le dais du lit de Marie-Antoinette à Versailles que sur la célèbre grille dorée de l’Elysée (2)

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Très présent sur les « 20 francs » en or de la Troisième République (3), dans la propagande militariste de la « Grande Guerre » et ensuite sur les monuments aux morts (l’exemple de Givet est un des plus représentatifs), le coq a longtemps disparu de notre paysage mythique, sa dernière apparition républicaine remontait à 1986 (4). Peut-être a-t’ il, malgré lui, trop flirté non pas avec la Nation mais avec le nationalisme, ce qui est loin d’être la même chose…aujourd’hui le coq ne fait plus de politique, il s’est réfugié dans les stades et il vient de réapparaître sur les pièces d’or de la République (5)…

Alain Sartelet

Billet N°165 A. Sartelet

La maison dite « de Bacchus » à Vireux-Molhain

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Cette maison de Vireux-Molhain (1) est hélas quasiment à l’abandon. C’est pourtant un très bel exemple de l’architecture mosane du début du 18ème siècle. Mais ce qui fait tout son intérêt, je dirais même tout son exceptionnel intérêt, ce sont trois têtes sculptées qui ont été insérées dans la façade longeant la ruelle Bacchus. Ces sculptures de pierre bleue (l’une est presque illisible) sont des remplois et viennent sans doute d’un édifice assez prestigieux, église ou résidence patricienne disparue. Ce sont sans doute à l’origine des clés d’arcades, l’une d’elle a des cheveux frisés qui ressemblent à des grappes de raisin (2), c’est sans doute cette similitude qui a fait donner le nom de Bacchus (3, le dieu romain de la vigne) à cette tête et par extension son nom à la ruelle. Ces têtes au premier abord rappellent l’époque Romane mais en fait elles ne remontent sans doute pas au-delà du 16ème siècle. Il faudrait réhabiliter d’urgence ce témoin de l’histoire de la vallée mosane.

Alain Sartelet

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Billet N°164 A. Sartelet

L’agneau de Fumay

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Cette photo nous montre le devant d’autel de la chapelle Saint-Roch de Fumay, on y reconnait, dans un très bel entourage de feuillages sculptés (chêne et olivier), doré et couronné (3), une peinture du 18ème siècle représentant l’agneau pascal allongé sur une croix (2), symbole du sacrifice du Christ. La qualité de ce devant d’autel peut surprendre dans une modeste chapelle mais cette boiserie provient peut-être de l’ancienne église Saint-Georges…L’agneau est un symbole chrétien mais aussi, peut-être, une allusion à la domination de l’abbaye princière de Prüm en Rhénanie-Palatinat qui possédait autrefois les terres de Revin, Fumay et Fépin et montre un agneau dans ses armoiries (4,5).

Alain Sartelet

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Billet N°163 A. Sartelet

« L’automne est la saison des Ardennes… »

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A lire ce beau texte de l’écrivain belge Edmond Picard (1836-1927) :

« Si, quittant la vallée de la Meuse, aux sites si enchanteurs qu’on ne peut les voir, ne fut-ce qu’une heure, sans souhaiter y passer sa vie, nous remontons sur l’autre versant par une de ces routes sèches et pierreuses qui courent à travers les champs, nous sommes bientôt frappés de l’étendue que prend l’horizon. Il s’étage en lignes indéfinies de collines rangées en amphithéâtre et que le matin a estompées de vapeurs légères. L’ensemble du paysage a l’apparence sévère et désolée d’une région déserte et pauvre, mais il est grand dans sa tristesse muette et tragique. Ce sont les Ardennes, que jamais cœur viril n’a contemplées pour la première fois sans se sentir ému. Dès que je les ai eu connues, je les ai aimées, et, depuis mon adolescence, j’y vais chaque automne. Les flots, les plaines, les bruyères, les rochers, les collines, que le sol natal a présentés à mes regards, ont certes leur attrait, mais ce sont les Ardennes que j’ai toujours préférées : ce sont elles, en effet, qui ont éveillé le plus profondément en moi ces sensations rêveuses et ces émotions qui sont la haute vie de notre humanité. Et c’est à l’automne, quand les forêts sont vêtues de draperies pourpres aux reflets brun clair, que cette impression poignante prend dans mon âme son intensité tout entière. L’automne est la saison des Ardennes ; comme l’été est celle du bord de la mer, comme le printemps est celui de la Campine, du Brabant et des Flandres… »

Heureux ceux qui se reconnaîtront dans ces lignes…

Alain Sartelet

Billet N°162 A. Sartelet

Les bagues « de saint Hubert »

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Elles sont devenues rarissimes ces modestes bagues en cuivre et verroterie  dites « de saint Hubert » elles étaient autrefois très réputées pour protéger de la rage (des crocs sont enchâssés dans le chaton) Ce procédé rappelle les bijoux « de chasse » encore en vogue dans les pays germaniques (2). Sur ce tableau du 18ème siècle (3) un colporteur explique la légende de saint Hubert, une comparse vend aux badauds des colifichets, images, médailles, scapulaires et bagues censés protéger ou guérir de la rage. Cette réputation de saint guérisseur avait fait toute la fortune de la célèbre abbaye belge placée sous l’invocation du saint patron des Ardennes et des chasseurs (4).

Alain Sartelet

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Mairie de Givet
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