Billet N°132 A. Sartelet

« La » Dame de Meuse

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Oui vous avez bien lu, « La Dame de Meuse » c’est la dénomination correcte, authentique et très ancienne de ce site fabuleux : la plus belle et la plus majestueuse boucle de la Meuse. Ici pas de jeunes épouses dévergondées trompant leurs maris partis guerroyer dans les lointaines croisades et transformées en rochers pour leur apprendre la chasteté ! Le plus haut rocher était en fait placé sous l’invocation de « La Dame » c’est-à-dire Notre-Dame (la Sainte-Vierge) sans doute depuis l’aube du christianisme dans la région. La légende des « Dames de Meuse » si populaire a été forgée de toutes pièces à la fin du 19ème siècle. Les cartes le prouvent, même celles assez récentes où il est clairement indiqué ROCHERS DE NOTRE-DAME DE MEUSE (ci-dessous). La Vierge était alors invoquée pour la sauvegarde des bateliers et leur éviter les pièges des eaux traitresses d’une Meuse non domestiquée. Ici, comme au rocher de Revin, la Vierge succéda vraisemblablement à une divinité gallo-romaine protectrice du commerce fluvial.

Alain Sartelet

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Billet N°131 A. Sartelet

Un meurtre à Hierges en 1652

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Vous connaissez tous sans doute la fameuse « croix du duel » belle œuvre de style gothique finissant (ci-dessus à droite) qui trône sur la place du village de Hierges et qui commémore un duel de l’an 1579. Il existait autrefois dans le village une autre croix de pierre bleue commémorant un meurtre commis le 17 mars 1652 sur la personne de Michel Anseau. Cette croix déplacée et brisée n’est connue que par à un fragment correspondant à la barre transversale de la croix (ci-dessous) conservé dans une maison particulière. C’est cependant assez pour  reconstituer le dessin primitif de ce monument  (ci-dessus à gauche, dessin Alain Sartelet) quant aux circonstances de l’assassinat,  la personnalité de la victime et de son meurtrier nous ignorons tout !

Alain Sartelet

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Billet N°130 A. Sartelet

« Le presbytère n’a rien perdu de son charme,
ni le jardin de son éclat »

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Vous avez reconnu cette très belle maison d’Hargnies, austère, à la sobre ordonnance, tout le charme d’une demeure de la fin du 18ème siècle est là. Il s’agit de l’ancien presbytère reconstruit vers 1780 par l’abbé Joseph Monin (1741-1829) un ancien Prémontré de l’abbaye de Laval-Dieu devenu en 1791 curé d’Hargnies. Il allait devenir en 1798 le second (et dernier) évêque constitutionnel des Ardennes. Une dignité bien fugitive qui cessera avec le Concordat de 1801. Il a laissé le souvenir d’un homme favorable aux évolutions, « d’une fraîcheur charmante », toujours souriant, aimé et respecté de ses paroissiens. Jusqu’à sa mort (à Paliseul) il restera fidèle à l’église constitutionnelle et célèbrera la messe revêtu de ses habits d’évêque portant la croix pectorale et l’anneau pastoral. Quant au titre de ce court récit qui s’applique si bien au presbytère d’Hargnies, c’est la phrase-clé d’un célébrissime roman policier paru en 1907 ( lequel ?).

Alain Sartelet

Billet N°129 A. Sartelet

Saint-Hilaire de Givet au 16ème siècle,
une flèche hérissée de lucarnes

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Regardez bien la curieuse silhouette du clocher de l’église Saint-Hilaire de Givet dessinée en 1598 (ci-dessus à gauche) par Adrien de Montigny le génial dessinateur au service du duc de Croÿ, elle nous montre une toiture très élancée, une flèche en fait, hérissée d’une multitude de lucarnes. C’était au moyen-âge et à la Renaissance une caractéristique des toitures régionales. L’église représentée sur ce dessin n’existe plus elle a été incendiée et reconstruite après le siège de 1675. La multitude de lucarnes, comme ici au Palais Curtius de Liège élevé entre 1600 et 1610 (ci-dessus à droite) donnait aux édifices civils, militaires ou religieux une allure vraiment attachante et particulière complétant la beauté des toitures de la Renaissance mosane.

Alain Sartelet

Billet N°128 A. Sartelet

Une affaire de fausse monnaie à Hargnies !

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Cela se passait il y a bien longtemps ! L’affaire se déroula sur le fabuleux site de Plein-Mont à Hargnies ! On y voit encore distinctement les restes impressionnants (le rempart ci-dessus) d’un château fouillé par l’archéologue Jean-Pierre Lémant. Ce château avait été bâti sur un éperon rocheux en pleine forêt, non par un seigneur local mais par des faux-monnayeurs qui sévissaient sous le règne de Philippe-le-Bel (1268-1314)  (rappelez-vous « le roi de fer » dans « Les Rois maudits »). Dans cet endroit quasiment inaccessible, nos escrocs fabriquaient de fausses monnaies d’argent et de faux florins d’or (ci-dessus la matrice ou coin en fer à comparer avec un véritable florin en or orné du lys et de saint Jean-Le-Baptiste, ci-dessous) Le florin était alors une belle et bonne monnaie ayant cours dans toute l’Europe (une sorte de d’euro médiéval), en l’imitant nos brigands espéraient ne pas trop se faire remarquer. Mal leur en pris car le site fut détruit et incendié par les autorités. A cette époque forger de la fausse monnaie était un crime de lèse-majesté et les coupables étaient ébouillantés !

Alain Sartelet

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Billet N°127 A. Sartelet

La maison au pignon de Rancennes

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C’est sans doute une des plus anciennes maisons de la région (depuis la disparition de la maison à colombages de Hierges datée de 1413). Elle a conservé une allure encore  médiévale, un pignon gigantesque en front de rue, une petite porte étroite en plein cintre et la trace de plusieurs fenêtres à meneaux dont un bel exemple, muré, subsiste à l’étage (ci-dessus à droite). Cette belle maison très (trop !) remaniée est cependant un bon témoin de l’architecture civile bourgeoise du 16ème siècle. Son ampleur inhabituelle dans un village laisserait entendre qu’elle a pu avoir un lien (logis ?) avec les seigneurs du lieu,  la famille de Zeebergh, aristocrates, fonctionnaires royaux à la cour d’Agimont et  militaires au service de « Sa Majesté Catholique » (le roi d’Espagne) dont plusieurs sépultures armoriées ornent les églises de Givet (ci-dessous à gauche, trois monts surmontés de trois étoiles) et de Rancennes. (Ci-dessous à droite maison médiévale à grand pignon, quai aux Herbes, Gand).

Alain Sartelet

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Billet N°126 A. Sartelet

L’eau miraculeuse de Charnois

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Le village de Charnois était autrefois, comme Revin, célèbre pour son « eau de Saint-Quirin » réputée souveraine pour guérir les abcès des tendons des mains et des pieds et même la lèpre selon certains. Les moines du couvent des Dominicains de Revin vendaient des flacons d’eau de Meuse dans laquelle on faisait macérer de l’herbe de Saint-Quirin mais ici à Charnois l’eau était gratuite et sanctifiée par la présence d’une borne-potale refaite en 1864 où trônait une statue de saint Quirin (le saint patron du village et de la paroisse) avec un tronc pour les offrandes. La source domestiquée a été remplacée par une pompe de fonte mais le charme de l’endroit demeure. Saint Quirin est un petit cachotier car derrière sa figure de chrétien bienveillant se cache ESUS-QUIRINUS dieu gallo-romain amant de la déesse REGANI, la toute puissante protectrice des bateliers de la Meuse, bien avant la Vierge Marie et saint Nicolas.

Alain Sartelet

Billet N°125 A. Sartelet

L’empereur Charlemagne de Hierges à Givet

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Sur le célèbre et magnifique vitrail de l’église de Hierges le grand empereur est représenté dans toute sa majesté de souverain canonisé par l’Eglise (ci-dessus à gauche), couronne, cuirasse armoriée (le fameux aigle à deux têtes) globe crucifère, épée de Justice et auréole, tout contribue à la gloire impériale, derrière lui tourbillonnent les eaux d’un fleuve (la Meuse ?). Que fait Charlemagne ici ?, c’était tout simplement le saint patron du donateur du vitrail, le givetois Charles Rigaut mais aussi et surtout le saint patron de Charles Quint et de la dynastie règnante des Habsbourg. Le patronage de saint Charlemagne se retrouve aussi à Givet puisque l’église du fort de Charlemont lui était dédiée (sceau de l’église de Charlemont ci-dessous à droite). (pour plus de détails sur l’église de Hierges, voir le livre : « L’église Saint-Jean-Baptiste de Hierges, joyau de la Renaissance mosane » en vente au Centre des Métiers d’Art de Givet).

Alain Sartelet

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Billet N°124 A. Sartelet

A Hierges, le plus ancien vitrail des Ardennes

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L’église Saint-Jean-Baptiste de Hierges abrite un splendide vitrail daté de 1616, le plus ancien de toute la région. La Vierge en gloire est drapée de nuances de gris, environnée de rayons dorés contrastant avec le sublime bleu du ciel. La Vierge est environnée d’étoiles et ses pieds reposent sur un croissant de lune. L’enfant Jésus, blond, bouclé, auréolé, rayonne comme l’astre du jour et nous rappelle l’hymne de Clément d’Alexandrie (150-220) :

En une course prodigieuse,
L’Astre d’en-haut, le Fils de Dieu,
S’est élancé dans nos ténèbres
Comme un soleil à son lever :
Nous te saluons, ô lumière !

L’enfant tient dans sa main une pomme (ci-dessous) qui symbolise le rachat des péchés du monde. Ce vitrail, outre sa beauté, est d’un très grand intérêt historique car on y voit une rarissime représentation de saint Charlemagne et les armoiries des donateurs, nous y reviendrons.

Alain Sartelet

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Billet N°123 A. Sartelet

Les « potales », la foi populaire sur les chemins

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Les potales sont des stèles de pierre portant une niche pour abriter une statue de la Vierge ou de saint, un texte de dédicace et parfois un tronc pour les offrandes. Elles sont toujours financées par des particuliers en remerciement d’une grâce ou pour obtenir une protection particulière ainsi celle (aujourd’hui démontée) de saint-Joseph-Thaumaturge (guérisseur) pour la protection des voyageurs à Vireux-Saint-Martin (ci-dessus à droite reconstitution de l’état au 17ème siècle, dessin Alain Sartelet extrait du livre « Givet et sa région à travers les siècles » à paraître en octobre 2015) Témoins d’une intense dévotion populaire, ces potales subsistent en petit nombre dans la région de Givet. Ici (en haut à gauche) la potale dédiée à la Vierge « DEI GENITRIX » la « Mère de Dieu » encore en place rue de la Chapelle à Vireux-Saint-Martin. Détail pittoresque, les lettres les plus hautes de la dédicace (ci-dessous) forment ce qu’on appelle un « chronogramme » ce sont des chiffres romains qui, une fois additionnés, forment la date de construction, ici 1733 ! (clichés André Majewski).

Alain Sartelet

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Mairie de Givet
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