Billet N°136 A. Sartelet

Les abeilles de Revin

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Trois abeilles d’or sur champ d’azur figurent sur les armoiries du célèbre théologien revinois Charles René Billuart (1675-1687) sur sa pierre tombale et sur la chaire de Vérité, accompagnées de sa devise LABORE ET ARTE (avec travail et habileté) L’abeille, fort utile à l’homme par son miel est une créature symboliquement « chrétienne » puisqu’elle fournit la cire destinée à illuminer les autels. La ruche et sa reine sont aussi un symbole de l’Eglise placée sous le commandement de Dieu. Ces armoiries ont été choisies par le pieux et lettré Dominicain sans doute pour rendre un hommage polititique et spirituel au pape Urbain VIII Barberini (1568-1644) et à Antoine Barberini archevêque-duc de Reims (1607-1671) tous en effet portent des armes presque similaires, seule la position des abeilles change (ci-dessous, vitrail de l’église Santa-Maria in Aracoeli, Rome).

Alain Sartelet

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Billet N°135 A. Sartelet

Pour trente deniers…

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Ce chef d’œuvre du milieu du 17ème siècle se trouve en l’église Saint-Maurice d’Aubrives. Admirons ce tableau aux merveilleux coloris acidulés qui représente la Cène, le dernier repas du Christ. Autour d’une table ovale nappée de bleu ciel, siègent Jésus de face, nimbé de lumière et les douze apôtres drapés de jaune, de bleu, de rose et de vert. Seuls deux disciples sont identifiables, Jean, la tête appuyée sur la poitrine du Christ et Judas qui tient dans son dos la bourse, fruit de sa trahison. Autre symbole fort : le plat central contient un agneau, image du sacrifice du Christ « agneau de Dieu ». Cette très belle toile a été offerte à l’église en 1657 en l’honneur de la confrérie du Saint-Sacrement par Henry Mareschal, militaire au service du roi d’Espagne Philippe IV et son épouse Anne Catherine de Haussart apparentée à la famille des Auxbrebis, les seigneurs d’Aubrives. Les armes du donateur figurent sur le tableau, elles combinent étoiles et grappes de raisin, on retrouve les armoiries des Mareschal sur ce jeton de la même époque (ci-dessus à gauche et en couleur ci-dessous).

Alain Sartelet

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Billet N°134 A. Sartelet

La galerie de Foisches

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Bien que mutilée et murée la galerie de la ferme dite « des Templiers » (en fait elle n’a aucun rapport avec les chevaliers de l’ordre du Temple) présente côté cour une remarquable suite de sept arcades reposant sur des colonnes toscanes de pierre bleue supportant des claveaux sculptés qui ont tous été martelés  sans doute parce qu’ils représentaient des têtes d’animaux jugés trop monstrueux. De quand date cette splendide architecture ?, les avis divergent mais il est probable que la ferme soit la résidence fortifiée bâtie à la fin du 16ème siècle ou au début du 17ème siècle par un riche fournisseur aux armées, Jacques du Haulsart ou Hilaire Waultier. Cette galerie devait être à l’origine très proche d’une galerie de cloître comme celle des Franciscains de Liège (ci-dessous). Merveilleuse Renaissance mosane !

Alain Sartelet

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Billet N°133 A. Sartelet

Des tôles de cuivre pour la marine royale

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C’est à Landrichamps que subsiste cette magnifique « batterie » de cuivre fondée en 1787 par un capitaine d’industrie wallon, Antoine-Laurent de Jacquier de Rosée. On laminait ici de grandes plaques de cuivre destinées à doubler la partie immergée de la coque des navires de guerre ou de commerce (ci-dessous, les ETATS DE BOURGOGNE, un des derniers « trois-ponts » lancé par la monarchie en 1790 et son doublage en cuivre rouge sous la ligne de flottaison) Ce procédé permettait d’éviter les dégâts causés par les tarets, des mollusques marins friands de bois. La région de Givet possède un patrimoine industriel de la plus grande importance. La « batterie » de Landrichamps fut en effet une des premières de France à laminer des tôles de cuivre de grande taille mais on y fabriquait aussi et du fil de laiton et des chaudrons faisant suite aux célèbres dinanderies.

Alain Sartelet

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Billet N°132 A. Sartelet

« La » Dame de Meuse

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Oui vous avez bien lu, « La Dame de Meuse » c’est la dénomination correcte, authentique et très ancienne de ce site fabuleux : la plus belle et la plus majestueuse boucle de la Meuse. Ici pas de jeunes épouses dévergondées trompant leurs maris partis guerroyer dans les lointaines croisades et transformées en rochers pour leur apprendre la chasteté ! Le plus haut rocher était en fait placé sous l’invocation de « La Dame » c’est-à-dire Notre-Dame (la Sainte-Vierge) sans doute depuis l’aube du christianisme dans la région. La légende des « Dames de Meuse » si populaire a été forgée de toutes pièces à la fin du 19ème siècle. Les cartes le prouvent, même celles assez récentes où il est clairement indiqué ROCHERS DE NOTRE-DAME DE MEUSE (ci-dessous). La Vierge était alors invoquée pour la sauvegarde des bateliers et leur éviter les pièges des eaux traitresses d’une Meuse non domestiquée. Ici, comme au rocher de Revin, la Vierge succéda vraisemblablement à une divinité gallo-romaine protectrice du commerce fluvial.

Alain Sartelet

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Billet N°131 A. Sartelet

Un meurtre à Hierges en 1652

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Vous connaissez tous sans doute la fameuse « croix du duel » belle œuvre de style gothique finissant (ci-dessus à droite) qui trône sur la place du village de Hierges et qui commémore un duel de l’an 1579. Il existait autrefois dans le village une autre croix de pierre bleue commémorant un meurtre commis le 17 mars 1652 sur la personne de Michel Anseau. Cette croix déplacée et brisée n’est connue que par à un fragment correspondant à la barre transversale de la croix (ci-dessous) conservé dans une maison particulière. C’est cependant assez pour  reconstituer le dessin primitif de ce monument  (ci-dessus à gauche, dessin Alain Sartelet) quant aux circonstances de l’assassinat,  la personnalité de la victime et de son meurtrier nous ignorons tout !

Alain Sartelet

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Billet N°130 A. Sartelet

« Le presbytère n’a rien perdu de son charme,
ni le jardin de son éclat »

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Vous avez reconnu cette très belle maison d’Hargnies, austère, à la sobre ordonnance, tout le charme d’une demeure de la fin du 18ème siècle est là. Il s’agit de l’ancien presbytère reconstruit vers 1780 par l’abbé Joseph Monin (1741-1829) un ancien Prémontré de l’abbaye de Laval-Dieu devenu en 1791 curé d’Hargnies. Il allait devenir en 1798 le second (et dernier) évêque constitutionnel des Ardennes. Une dignité bien fugitive qui cessera avec le Concordat de 1801. Il a laissé le souvenir d’un homme favorable aux évolutions, « d’une fraîcheur charmante », toujours souriant, aimé et respecté de ses paroissiens. Jusqu’à sa mort (à Paliseul) il restera fidèle à l’église constitutionnelle et célèbrera la messe revêtu de ses habits d’évêque portant la croix pectorale et l’anneau pastoral. Quant au titre de ce court récit qui s’applique si bien au presbytère d’Hargnies, c’est la phrase-clé d’un célébrissime roman policier paru en 1907 ( lequel ?).

Alain Sartelet

Billet N°129 A. Sartelet

Saint-Hilaire de Givet au 16ème siècle,
une flèche hérissée de lucarnes

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Regardez bien la curieuse silhouette du clocher de l’église Saint-Hilaire de Givet dessinée en 1598 (ci-dessus à gauche) par Adrien de Montigny le génial dessinateur au service du duc de Croÿ, elle nous montre une toiture très élancée, une flèche en fait, hérissée d’une multitude de lucarnes. C’était au moyen-âge et à la Renaissance une caractéristique des toitures régionales. L’église représentée sur ce dessin n’existe plus elle a été incendiée et reconstruite après le siège de 1675. La multitude de lucarnes, comme ici au Palais Curtius de Liège élevé entre 1600 et 1610 (ci-dessus à droite) donnait aux édifices civils, militaires ou religieux une allure vraiment attachante et particulière complétant la beauté des toitures de la Renaissance mosane.

Alain Sartelet

Billet N°128 A. Sartelet

Une affaire de fausse monnaie à Hargnies !

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Cela se passait il y a bien longtemps ! L’affaire se déroula sur le fabuleux site de Plein-Mont à Hargnies ! On y voit encore distinctement les restes impressionnants (le rempart ci-dessus) d’un château fouillé par l’archéologue Jean-Pierre Lémant. Ce château avait été bâti sur un éperon rocheux en pleine forêt, non par un seigneur local mais par des faux-monnayeurs qui sévissaient sous le règne de Philippe-le-Bel (1268-1314)  (rappelez-vous « le roi de fer » dans « Les Rois maudits »). Dans cet endroit quasiment inaccessible, nos escrocs fabriquaient de fausses monnaies d’argent et de faux florins d’or (ci-dessus la matrice ou coin en fer à comparer avec un véritable florin en or orné du lys et de saint Jean-Le-Baptiste, ci-dessous) Le florin était alors une belle et bonne monnaie ayant cours dans toute l’Europe (une sorte de d’euro médiéval), en l’imitant nos brigands espéraient ne pas trop se faire remarquer. Mal leur en pris car le site fut détruit et incendié par les autorités. A cette époque forger de la fausse monnaie était un crime de lèse-majesté et les coupables étaient ébouillantés !

Alain Sartelet

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Billet N°127 A. Sartelet

La maison au pignon de Rancennes

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C’est sans doute une des plus anciennes maisons de la région (depuis la disparition de la maison à colombages de Hierges datée de 1413). Elle a conservé une allure encore  médiévale, un pignon gigantesque en front de rue, une petite porte étroite en plein cintre et la trace de plusieurs fenêtres à meneaux dont un bel exemple, muré, subsiste à l’étage (ci-dessus à droite). Cette belle maison très (trop !) remaniée est cependant un bon témoin de l’architecture civile bourgeoise du 16ème siècle. Son ampleur inhabituelle dans un village laisserait entendre qu’elle a pu avoir un lien (logis ?) avec les seigneurs du lieu,  la famille de Zeebergh, aristocrates, fonctionnaires royaux à la cour d’Agimont et  militaires au service de « Sa Majesté Catholique » (le roi d’Espagne) dont plusieurs sépultures armoriées ornent les églises de Givet (ci-dessous à gauche, trois monts surmontés de trois étoiles) et de Rancennes. (Ci-dessous à droite maison médiévale à grand pignon, quai aux Herbes, Gand).

Alain Sartelet

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Mairie de Givet
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