Billet N°096 A. Sartelet

Superbe et méconnu, le moulin à vent de Givet

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Encore trop méconnu des Givetois, ce magnifique moulin est caché au nord de Givet, il porte le beau nom de « Mon-Bijou », le terme est ancien et le moulin apparaît sur le cadastre de Givet en 1823 (ci-dessous). C’est un « moulin-tour » bâti en brique et en pierre bleue, il reprend en cela et à l’aube du 19ème siècle les caractéristiques du style dit « Renaissance mosane ». Cette superbe construction à la forme conique très prononcée est en cours de restauration, il ne lui manque plus que ses ailes…regardez cet autre moulin du même style cela vous donnera un apperçu de son aspect futur.

Alain Sartelet

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Billet N°095 A. Sartelet

Les plaisirs et hasards heureux du patinage

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Bien que cette scène, détail d’un tableau de 1593 du peintre flamand Lucas Van Walckenborch, se déroule sur l’Escaut à Anvers on peut très bien imaginer une scène semblable sur la Meuse immobilisée par les glaces pendant l’un des très rigoureux hivers du temps. Admirez ces merveilleux petits personnages pleins de vie et que dire de cette jeune fille en robe jaune et portant une fraise (c’est donc une dame « de qualité » ) qui vient de faire un faux-pas et se retrouve en fâcheuse posture, sans patins, robe retroussée,  on voit ses jambes et un bout de son jupon blanc (Oh !). Mine de rien, cette petite scène comique est aussi un peu coquine, l’un des personnages, en l’occurrence le garçon à bonnet rouge, découvre ce qui devait rester caché… Le peintre Lucas Van Walkenborch n’en était pas à son coup d’essai, regardez ce détail (ci-dessous à droite) d’une scène de patinage datée de 1575, un prélude à d’autres tableaux plus connus (les hasards heureux de l’escarpolette de Fragonard, souvenez-vous ! détail en bas à gauche).

Alain Sartelet

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Billet N°094 A. Sartelet

Un vaisseau de lumière

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Rêvons un peu, vous connaissez tous l’austère couvent des Récollets et sa nef vide et sombre. Il n’en a pas toujours été ainsi, autrefois la lumière y entrait à flots, toute la journée, du lever  au coucher du soleil, scandant les prières, les onze fenêtres sud et les trois fenêtres nord, hautes et larges ont hélas été murées à la Révolution. Cette magnifique église est impressionnante par son vaste volume intérieur et ses voûtes si particulières dont les arcs reposent sur d’élégantes consoles. Ce vaisseau montre une beauté simple, presque cistercienne, digne en tout point d’une église d’un ordre mendiant voué à la charité et à la prière. Cette belle architecture mériterait une réhabilitation, une remise en lumière en quelque sorte. Imaginez la beauté du lieu, avec les fenêtres ouvertes à nouveau sur le ciel et dotées de vitraux blancs…rêvons un peu !

Alain Sartelet

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Billet N°093 A. Sartelet

Convivialité fluviale

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D’après un texte de 1615 il régnait une belle ambiance à bord des nefs marchandes qui sillonnaient la Meuse. Chacun y apportait des victuailles, de la bière ou du vin que l’on partageait entre passagers en devisant pendant les étapes du voyage, Givet-Dinant, Dinant-Namur etc. Le maistre batelier vendait lui-même de la bière à bord mais elle était jugée « mauvaise et bien nouvelle » Les cabines étaient un petit monde clos propice, un instant, aux agréables rencontres de « gens de toutes sortes ». Sur cette vue de l’intérieur d’un coche d’eau en 1760, on fume de longues pipes en terre blanche, on écrit, on boit un petit gobelet de vin tiré d’une bouteille mise à rafraîchir à la traine dans l’eau du fleuve…on dirait que le temps s’est arrêté, la lenteur du fleuve est palpable, délicieuse flânerie mosane. (ci-desous une bouteille à vin du 18ème siècle, De Troy, « Le déjeuner d’huitres », 1735, détail, musée Condé Chantilly).

Alain Sartelet

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Billet N°092 A. Sartelet

La Meuse, été 1615, quel spectacle !

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Voici un détail d’un dessin de Philippe de Hurges (Bibliothèque Nationale) daté de 1615 montrant une extraordinaire scène de pêche en Meuse. On y voit ce qu’on appelait une « Venne » c’est-à-dire une gigantesque nasse triangulaire fixe faite de pieux de bois plantés dans le fond de la Meuse et entrelacés d’osiers, ce piège fonctionnait comme un entonnoir où l’on capturait les poissons amenés par le courant. Le dessin montre 23 barques chargées de pêcheurs qui tendent et referment les filets, d’autres pêcheurs, armés de perches, dans des barques placées en demi-cercle empêchent les poissons de refluer. Cette entreprise collective ne devait pas manquer de panache et devait être un des superbes spectacles offerts par un fleuve toujours en mouvement. De tels pièges à poissons existaient partout au long de la Meuse et même dans la Houille. On y prenait des esturgeons, des barbeaux et des saumons jugés excellents mais qui n’étaient pas roses (les saumons roses sont ceux qui se nourrissent de crevettes en mer).

(Ci-dessous, scène de pêche collective sur le Niger, similitude de gestes millénaires…).

Alain Sartelet

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Billet N°091 A. Sartelet

Sur la Meuse en 1613

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Voici un superbe dessin de Philippe de Hurges représentant un chaland mosan,  naviguant à la voile, la grande rame-gouvernail d’arrière a été retirée de son berceau en forme de croissant, une barque est attachée en remorque selon un usage très fréquent. De la grande cabine couverte en berceau renversé émerge un haut mât arborant un étendard marqué d’une croix (détail en haut à droite). Ce petit détail est important politiquement car il montre que les bateaux mosans de l’époque arboraient la croix de Bourgogne, emblème des Pays-Bas espagnols (ci-dessous).

Alain Sartelet

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Billet N°090 A. Sartelet

Le pâté de saumon au poivre

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C’était autrefois une véritable spécialité locale essentiellement fabriquée à Chooz avec les saumons délicieux et forts réputés pêchés dans une Meuse alors fort poissonneuse. Chooz dépendait autrefois des princes-abbés de Stavelot et payait les redevances à l’abbaye en fournissant chaque année 60 pâtés de saumon préparés en croute et au poivre pour faciliter le transport et la conservation. La première mention de cette recette date de l’an 1167. En ce temps le poivre noir importé d’Inde était une denrée très rare et excessivement chère, son prix fabuleux a donné naissance à l’expression « payer en espèces » (déformation de « payer en épices »). Jusqu‘au 18ème siècle la Meuse représenta une importante source de nourriture et de revenus pour les seigneurs ou les souverains qui louaient le droit de pêcher, interdit aux particuliers. Hélas la recette exacte du pâté est perdue mais imaginons cette croûte dorée à souhait, cette chair succulente, avec, allez, rêvons un peu… un petit verre de vin de Charlemont…

(Ci-dessous, tranche de Saumon et poivrier, Chardin, musée Granet, Aix, détail)

Alain Sartelet

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Billet N°089 A. Sartelet

De la couleur sur les portes de la ville

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Regardez attentivement cette gravure réalisée vers 1890, elle représente l’ancienne porte de Récollets, construite par Vauban vers 1680. Elle se trouvait dans l’axe du bassin de l’Arsenal (place Sourdille) percée dans le rempart qui descend la pente de la pointe de Charlemont. Un petit détail est très intéressant, cette marque ovale dans la pierre (détail ci-dessus à droite), on la remarque à peine ! C’est tout ce qui restait des armes de France effacées probablement pendant la Révolution. Ces armes devaient certainement être polychromes à l’origine comme dans bon nombre de portes du temps, il fallait montrer avec éclat qui était le nouveau maître de la cité après le départ des espagnols. La peinture ou la dorure, totale ou partielle, devait souligner les formes du blason comme sur ces exemples récemment restaurés à la porte de Paris à Lille (ci-dessous à gauche) ou à la chapelle royale de la citadelle de Bitche (ci-dessous à droite).

Alain Sartelet

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Billet N°088 A. Sartelet

Des fleurs de lys dans les rues de Givet

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C’est presque une spécialité locale ! Des fleurs de lys en fer forgé ornent certaines maisons anciennes du vieux Givet (cherchez-les !) Ce sont en fait des clés chargées de bloquer des tirants de fer maintenant la stabilité des murs et des poutres des maisons. Le choix de cet ornement si particulier n’est pas anodin bien sûr, il révèle un discret hommage des bâtisseurs à la France et à son roi dont le lys était alors l’emblème, n’oublions pas de rappeler que Givet ne devint française qu’en 1680…. D’ailleurs les maisons qui possèdent de tels ornements de fer sont toutes postérieures à l’incendie de 1675 et au rattachement à la France. Les fleurs de lys et les armes de France étaient avant la révolution des emblèmes bien visibles, au sommet des échauguettes, sur les drapeaux, panonceaux, bornes frontières et aussi au fronton des portes de la ville ou sur le maître autel de l’église Saint-Hilaire.

Alain Sartelet

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Billet N°087 A. Sartelet

Les cerfs d’or de Monsieur Wautier

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Trois têtes de cerf d’or, un anneau dans la gueule, sur champ d’azur, c’est le blason de Hilaire Wautier sur une sculpture du second couvent des Récollets de Givet, une clé d’arcade déplacée et provenant du premier couvent des Récollets (ci-dessous dessin de 1680) élevé en 1615 en bord de Meuse près de l’actuel quai André Bertrand. Ce premier couvent reçut l’aide financière de ce riche givetois qui fit sa fortune dans la fourniture d’armes du fort de Charlemont. Cette famille liée à la noblesse d’épée est à l’origine de fondations pieuses  dont la chapelle Saint-Roch de Vireux-Wallerand en 1637. Cet Hilaire Wautier était propriétaire (ou même bâtisseur) de la maison forte de Foisches.  La devise qui accompagne son blason est pour le moins étrange : « Rumine la fin » ce qui pourrait s’interpréter comme un engagement à penser sans cesse à sa mort, c’est-à-dire une « bonne mort »  bien préparée selon les enseignements de l’Eglise de l’époque. On retrouve les armoiries des Wautier sur une magnifique dalle funéraire au fort de Charlemont (ci-dessous).

Alain Sartelet

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Mairie de Givet
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