Billet N°126 A. Sartelet

L’eau miraculeuse de Charnois

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Le village de Charnois était autrefois, comme Revin, célèbre pour son « eau de Saint-Quirin » réputée souveraine pour guérir les abcès des tendons des mains et des pieds et même la lèpre selon certains. Les moines du couvent des Dominicains de Revin vendaient des flacons d’eau de Meuse dans laquelle on faisait macérer de l’herbe de Saint-Quirin mais ici à Charnois l’eau était gratuite et sanctifiée par la présence d’une borne-potale refaite en 1864 où trônait une statue de saint Quirin (le saint patron du village et de la paroisse) avec un tronc pour les offrandes. La source domestiquée a été remplacée par une pompe de fonte mais le charme de l’endroit demeure. Saint Quirin est un petit cachotier car derrière sa figure de chrétien bienveillant se cache ESUS-QUIRINUS dieu gallo-romain amant de la déesse REGANI, la toute puissante protectrice des bateliers de la Meuse, bien avant la Vierge Marie et saint Nicolas.

Alain Sartelet

Billet N°125 A. Sartelet

L’empereur Charlemagne de Hierges à Givet

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Sur le célèbre et magnifique vitrail de l’église de Hierges le grand empereur est représenté dans toute sa majesté de souverain canonisé par l’Eglise (ci-dessus à gauche), couronne, cuirasse armoriée (le fameux aigle à deux têtes) globe crucifère, épée de Justice et auréole, tout contribue à la gloire impériale, derrière lui tourbillonnent les eaux d’un fleuve (la Meuse ?). Que fait Charlemagne ici ?, c’était tout simplement le saint patron du donateur du vitrail, le givetois Charles Rigaut mais aussi et surtout le saint patron de Charles Quint et de la dynastie règnante des Habsbourg. Le patronage de saint Charlemagne se retrouve aussi à Givet puisque l’église du fort de Charlemont lui était dédiée (sceau de l’église de Charlemont ci-dessous à droite). (pour plus de détails sur l’église de Hierges, voir le livre : « L’église Saint-Jean-Baptiste de Hierges, joyau de la Renaissance mosane » en vente au Centre des Métiers d’Art de Givet).

Alain Sartelet

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Billet N°124 A. Sartelet

A Hierges, le plus ancien vitrail des Ardennes

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L’église Saint-Jean-Baptiste de Hierges abrite un splendide vitrail daté de 1616, le plus ancien de toute la région. La Vierge en gloire est drapée de nuances de gris, environnée de rayons dorés contrastant avec le sublime bleu du ciel. La Vierge est environnée d’étoiles et ses pieds reposent sur un croissant de lune. L’enfant Jésus, blond, bouclé, auréolé, rayonne comme l’astre du jour et nous rappelle l’hymne de Clément d’Alexandrie (150-220) :

En une course prodigieuse,
L’Astre d’en-haut, le Fils de Dieu,
S’est élancé dans nos ténèbres
Comme un soleil à son lever :
Nous te saluons, ô lumière !

L’enfant tient dans sa main une pomme (ci-dessous) qui symbolise le rachat des péchés du monde. Ce vitrail, outre sa beauté, est d’un très grand intérêt historique car on y voit une rarissime représentation de saint Charlemagne et les armoiries des donateurs, nous y reviendrons.

Alain Sartelet

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Billet N°123 A. Sartelet

Les « potales », la foi populaire sur les chemins

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Les potales sont des stèles de pierre portant une niche pour abriter une statue de la Vierge ou de saint, un texte de dédicace et parfois un tronc pour les offrandes. Elles sont toujours financées par des particuliers en remerciement d’une grâce ou pour obtenir une protection particulière ainsi celle (aujourd’hui démontée) de saint-Joseph-Thaumaturge (guérisseur) pour la protection des voyageurs à Vireux-Saint-Martin (ci-dessus à droite reconstitution de l’état au 17ème siècle, dessin Alain Sartelet extrait du livre « Givet et sa région à travers les siècles » à paraître en octobre 2015) Témoins d’une intense dévotion populaire, ces potales subsistent en petit nombre dans la région de Givet. Ici (en haut à gauche) la potale dédiée à la Vierge « DEI GENITRIX » la « Mère de Dieu » encore en place rue de la Chapelle à Vireux-Saint-Martin. Détail pittoresque, les lettres les plus hautes de la dédicace (ci-dessous) forment ce qu’on appelle un « chronogramme » ce sont des chiffres romains qui, une fois additionnés, forment la date de construction, ici 1733 ! (clichés André Majewski).

Alain Sartelet

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Billet N°122 A. Sartelet

Hierges, la ferme seigneuriale des comtes de Berlaymont

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Sur ce magnifique cliché pris vers 1900 (ci-dessus), la ferme seigneuriale de Hierges, apparaît dans toute sa splendeur héritée du 16ème siècle, elle est en effet contemporaine de la transformation du château en palais de la Renaissance par Charles de Berlaymont vers 1560 (ci-dessous ses armoiries). Autour d’une étroite cour centrale se déploient les divers bâtiments, trois granges, le petit pavillon carré de la forge et le logis, belle construction dotée de fenêtres à meneaux. L’ensemble très ramassé évoque les temps de guerre, un précieux témoin en subsiste : la porte fortifiée digne d’une entrée de château fort avec sa solide poutre de bois coulissante. Le logis est aujourd’hui la seule partie encore debout de cet ensemble remarquable. La « Cense Berlaymont » pour reprendre son ancien nom est entretenue avec soin et avec goût ce qui mérite d’être signalé, c’est aussi un des plus beaux endroits du village, bordé par les fraîches rives de la Jonquière, boisées et fleuries d’iris.

Alain Sartelet

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Billet N°121 A. Sartelet

Les colombages, un héritage venu du Moyen Âge

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Cette maison de Vireux-Wallerand (Ci-dessus à gauche), aujourd’hui disparue, était en partie construite en colombages, un usage très répandu au Moyen Âge dans la Vallée de la Meuse très riche en bois de charpente. Il subsiste assez peu de maisons construites de cette manière, les plus belles sont à Revin (dont, ci-dessus à droite, la célèbre maison « espagnole » construite avec des chênes abattus entre 1510 et 1515, l’année de la victoire de Marignan et du sacre de François Ier) mais il faudrait redécouvrir toutes celles de Vireux-Wallerand où les colombages subsistent. La plus ancienne maison en bois de la région se trouvait à Hierges (disparue) ses poutres étaient sculptées de personnages et elle portait la date gravée de 1413 ! Cependant, regardez bien (ci-dessous) cette façade de la maison forte de Foisches ou cette maison de Givet datée de 1751 le quadrillage des poutres de bois hérité du Moyen Âge a survécu très longtemps dans le style de la Renaissance mosane, la pierre bleue a simplement remplacé les poutres de bois ! Toute l’architecture de la région est ainsi imprégnée d’un héritage médiéval qui s’offre chaque jour à nos yeux !

Alain Sartelet

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Billet N°120 A. Sartelet

Or, argent et grenat, le bijou du Mont-Vireux

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Ce superbe bijou en argent doré serti de six grenats a été trouvé par l’archéologue J.P. Lémant au Mont-Vireux. Il a beau dater de la fin de l’époque mérovingienne (vers le 8ème siècle) il nous interpelle par ses belles lignes géométriques dignes d’une création contemporaine. C’est une plaque qui servait probablement à orner un vêtement ou le baudrier d’un militaire. L’orfèvre a utilisé un motif d’origine biblique, le « nœud de Salomon » un nœud sans début ni fin, puissant et populaire symbole d’éternité qui peut se lire dans un sens chrétien et qui fut largement utilisé de l’époque romaine à l’époque romane. (Ci-dessous à gauche mosaïque romaine décorée d’un nœud de Salomon, au centre un grenat et à droite une plaque ronde en or et grenat de l’époque mérovingienne. Patrick Périn, le célèbre archéologue d’origine ardennaise, a montré que les grenats très largement en vogue à l’époque mérovingienne étaient importés d’Inde, de quoi réviser nos idées sur les routes commerciales et la mobilité des hommes et des marchandises d’autrefois !).

Alain Sartelet

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Billet N°119 A. Sartelet

Raisins, melons, pêches, abricots…
Les jardins de Givet en 1787

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Voici un extrait du rapport sur la santé des habitants de Givet écrit par un médecin militaire, le docteur Michel, en 1787, à lire et à savourer : Nos jardins abondent en légumes de toute espèce et de la meilleure qualité ; les raisins, les melons, les pêches, les abricots, les prunes, les cerises, les poires, les pommes y mûrissent très bien et sont d’un goût délicat. La viande de boucherie est également très bonne, on donne la préférence au mouton d’Ardennes, dont la chair est d’un goût exquis. Le gibier est très commun dans ce pays et fort recherché pour son fumet. Les terres produisent des pois, des fèves, du colza, de la luzerne, de l’orge, du seigle, de l’avoine et de l’épeautre. Ce grain fait du pain très blanc. (Ci-dessus nature morte aux poires, pommes, raisins et melon, 1870).

Alain Sartelet

Billet N°118 A. Sartelet

« Cinquante écrevisses de la Meuse… »

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Voici une recette pour cuisiner les écrevisses de la Meuse  publiée en 1871 :  « Cinquante écrevisses de la Meuse, quatre gros oignons coupés en rouelles, émincez deux grosses carottes de Flandre. Ajoutez un bon morceau de beurre dans une casserole. Ajoutez thym, laurier, ail. Passez le tout jusqu’à la cuisson de la carotte. Ajoutez les écrevisses dans cette mirepoix et sautez-les jusqu’à leur cuisson. Retirez les écrevisses dans une soupière tenue chaudement. Ajoutez à la mirepoix une bonne bouteille de vin de Sauternes ou Meursault. Jetez une bonne poignée de gros sel, poivre ordinaire et un peu de piment, réduisez le tout de moitié. Ajoutez un bon morceau de beurre en arrêtant l’ébullition. Jetez le tout sur vos écrevisses. Ajoutez un jus de citron. Sautez le tout et servez chaud »…la table est mise, la belle vaisselle, les cristaux et le linge fin sont sortis, les invités s’annoncent….un fumet délicat monte de l’office en douces volutes…ce n’est hélas rien d’autre que le parfum de la nostalgie… Ecrevisses de Meuse où êtes-vous ?

Alain Sartelet

Billet N°117 A. Sartelet

Des obélisques sur le toit

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Les églises de Givet et de sa région avaient autrefois un air de famille, au moins quatre possédaient des toitures décorées d’obélisques aux angles, ces éléments de charpente recouverts d’ardoises ou de plomb à boule dorée formaient un beau décor élancé qui donnait une silhouette originale aux églises. On rencontre aussi ces éléments en Belgique dans bon nombre de toitures d’églises de l’époque Renaissance jusqu’au baroque. (Ci-dessus à gauche, l’église d’Aubrives, 1642, à droite l’église de Vireux-Wallerand, 1578 et ci-dessous à gauche l’église de Givet Notre-Dame dans son état de 1612. Au milieu l’église d’Hargnies, 17ème siècle et à droite l’église de Chimay, 1732).

Alain Sartelet

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Mairie de Givet
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