Billet N°211 A. Sartelet

Un manoir de 1575 à Aubrives

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Encore une richesse du patrimoine méconnu des environs de Givet. Le village d’Aubrives possède un superbe bâtiment, autrefois ferme seigneuriale appartenant aux comtes de Berlaymont, seigneur de Hierges. La partie la plus ancienne est un gros pavillon à corniches et haute toiture, percé autrefois de grandes baies à meneaux aujourd’hui remaniées ou murées (1-2) mais encore nettement discernables (au centre du cliché 1 et 2), c’était autrefois le logis du représentant du seigneur. La façade ornée de deux cordons de pierre porte la date de 1575 formée par des ancres de fer. La partie gauche, plus basse, forme une aile qui porte sur la façade arrière (3) la date de 1585 (4). Il semble que la ferme occupait autrefois tout le terrain au nord jusqu’au ruisseau de Prailes où s’étendaient de longs bâtiments agricoles (vestiges, transformés en logements), sans doute les écuries où, selon la tradition, les Berlaymont faisaient élever leurs chevaux, un haras à Aubrives qui l’eut cru ?

Alain Sartelet

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Billet N°210 A. Sartelet

Un dieu antique à Aubrives ?

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À Aubrives, au 25 de la ruelle de l’Abreuvoir, subsiste la demeure de Jacques Mestellart gestionnaire de la seigneurie de Hierges pour les comtes de Berlaymont au 17ème siècle. On peut y voir au-dessus de la porte une sculpture assez inhabituelle, une tête de  guerrier (1-3) portant une cuirasse et un « morion » sorte de casque (2) très répandu dans les armées de la Renaissance et en particulier dans l’armée espagnole. La figure paraît bien farouche avec ce regard impérieux et cette barbe qui se tortille au vent, ce n’est pas un simple soldat, c’est une figure héroïque, comparez là avec cette gravure de la fin du 16ème ou du début du 17ème siècle représentant Mars, le dieu romain de la guerre (3). C’est probablement le même dieu mais revu et corrigé dans le style du temps. Cette mystérieuse sculpture provient peut-être du château de Hierges et elle aurait été réutilisée à Aubrives après la Révolution, une séduisante hypothèse non ?

Alain Sartelet

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Billet N°209 A. Sartelet

Un an après son sauvetage (in extremis !) Où est-elle ?

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Voici presqu’un an disparaissait la grange abbatiale de l’abbaye cistercienne de Félix Pré (ci-dessous, en juillet 2015). L’intervention décisive du maire de Givet, après un joli remue-ménage sur « les réseaux sociaux », a permis non pas de stopper l’opération de démolition déjà presque achevée mais de sauver et même de rapatrier en France la clé du portail sculptée en 1763 aux armes de l’abbesse du temps, la très noble et pieuse Dame Bernarde de Ratsky de Salamonfa. La pierre a été remisée par la ville mais où est-elle aujourd’hui ? Ce témoin de l’important passé religieux de la région mériterait de trouver un lieu où tous puissent le voir.

Alain Sartelet

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Billet N°208 A. Sartelet

Notre-Dame des Victoires, de Paris à Givet

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Cette statue de l’église Saint-Hilaire (1-2-3), vous la reconnaissez ? Elle a pourtant un type bien particulier, une posture reconnaissable, c’est tout simplement une copie (à peu près) fidèle de la célèbre statue d’une non moins célèbre église parisienne, Notre-Dame des Victoires (1er arrondissement) haut-lieu de la prière mariale (rappelant le souvenir des victoires du roi Louis XIII sur les protestants) et siège d’une archiconfrérie internationale. La statue d’origine, réputée miraculeuse, a été sculptée par un artiste italien inconnu peu après la Révolution. Cette sublime statue (4) a été copiée et diffusée dans le monde entier, parfois sous la forme d’images pieuses ou de statuettes de plâtre à deux sous (5-6). Ici à Givet la statue est restée sans couronnes alors que l’originale a reçue en 1853 des mains du pape Pie IX ses couronnes d’or et de pierres précieuses. Poussez la porte de vos églises car ce sont aussi, mais pas seulement, de très beaux musées offerts à tous, de véritables conservatoires de l’art et de la mémoire de votre région.

Alain Sartelet

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Billet N°207 A. Sartelet

Tout feu, tout flamme !

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Cela s’appelle en terme technique et décoratif un « pot à feu » c’est un des ornements du magnifique et imposant retable de l’église Saint-Hilaire de Givet. Conçu en bois peint et doré (1) il imite une pierre dure, le jaspe rouge (3, bague romaine or et jaspe) ou peut-être mieux encore, le porphyre. Cette merveilleuse roche au rouge incomparable  si prisée pour les œuvres d’exception comme les tombeaux d’empereurs romains et byzantins (2) ou encore le tombeau de Napoléon aux Invalides. Ici cet élément baroque achève avec solennité le fronton dominant le retable, incroyable étagement de bois peint. Il faut avoir la curiosité de passer derrière ce retable pour admirer l’éblouissant travail de charpenterie qu’il recèle.

Alain Sartelet

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Billet N°206 A. Sartelet

A Hierges, le charme d’un jardin au printemps

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Du vert, ici que du vert, dégradé à l’infini, de l’herbe parfois piquetée de pissenlits et de pâquerettes, des volées de marches solennelles et moussues flanquées de vasques, des murs antiques de pierres sèches…Un véritable théâtre de verdure d’où l’on assiste au spectacle immuable des ruines du château Renaissance. Voilà toute la beauté sans artifices d’un jardin préservé, saisi dans la gloire d’un printemps ardennais. Ce lieu au charme sûr mais discret pourrait servir de modèle à un magazine ou bien inspirer les amoureux de jardins qui fleurent bon la paix et les senteurs de thym, de romarin, menthe ou citronnelle…

Alain Sartelet

Billet N°205 A. Sartelet

Une main d’artiste

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C’est assurément un artiste de grand  talent qui a œuvré au tabernacle de l’église de Hierges vers 1770. Nous ne connaissons pas son nom mais seulement son travail, éblouissant ! Regardez ces feuilles de laurier dorées, on les croirait agitées par le vent. Les feuilles d’or ont gardé ici toute leur fraîcheur. Toute la grâce du 18ème siècle est ici visible, un régal pour les yeux. Plus d’un siècle plus tôt, un autre artiste de talent avait réalisé un incroyable retable en trompe-l’œil de marbres, utilisant là aussi tout un répertoire végétal, ici une marguerite (détail ci-dessous) où l’or est magnifié par un fond blanc encadré de (faux) marbre rouge.

Alain Sartelet

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Billet N°204 A. Sartelet

Un pélican à Hierges

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Le pélican est souvent présent dans les églises. Un superbe exemple se voit dans l’église Saint-Jean-Baptiste de Hierges. La sculpture du 18ème siècle en bois doré (les petits pélicans sont recouverts de feuilles d’argent) surmonte le tabernacle, pourquoi ? Tout simplement parce que le pélican était, depuis le Moyen Âge, un symbole de piété pour l'Église chrétienne : on croyait qu'il perçait sa propre chair et nourrissait ses petits de son sang. Ici le sculpteur a même représenté les deux gouttes de sang qui s’échappent du poitrail de l’oiseau, emblème de charité et image du sacrifice du Christ (détail ci-dessous).

Alain Sartelet

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Billet N°203 A. Sartelet

Rome sous la rue Flayelle

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Le territoire de Givet était sans doute dans l’antiquité le point de franchissement de la Meuse pour la voie romaine Saint-Quentin-Cologne. Elle devait passer par la rue d’Estrée (rue Flayelle actuelle) Un puissant indice réside dans le nom « Strée » dérivé du latin « via strata lapide » (voie recouverte de dalles) nom qui conserva longtemps le souvenir de la voie antique. Nous ignorons encore si le passage du fleuve se faisait à l’aide d’un gué ou d’un véritable pont. Un exemple de pont romain en bois est signalé à Mouzon. Un célèbre chroniqueur de l’abbaye Notre-Dame de Mouzon, nous parle de pieux noircis sortis du fleuve au 17ème siècle précisément dans l’axe de franchissement de la voie Reims-Trèves…Quant à savoir à quoi pouvait ressembler Givet Saint-Hilaire (ou Givet Notre-Dame) à l’époque romaine c’est une autre histoire mais il faut sans doute imaginer un petit relais routier comme celui de Chameleux (entre Carignan et Florenville) où tout voyageur pouvait disposer du nécessaire sur une route antique : auberge, hôtellerie, maréchal ferrant etc….seules des fouilles archéologiques pourraient nous donner un début de piste pour Givet.

Alain Sartelet

Billet N°202 A. Sartelet

L’Esprit plane sur les Récollets

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La magnifique église du couvent des Récollets, encore trop délaissée et trop méconnue, montre à sa superbe voûte un médaillon portant l’image sculptée d’une colombe, symbole chrétien de l’Esprit saint. Un symbole que l’on retrouve dans pratiquement toutes les églises et qui traverse toute la Bible (la colombe de Noé) et les Evangiles. On retrouve cet oiseau (pur et sacrificiel comme l’agneau) plus particulièrement dans la scène du baptême du Christ (Matthieu 13-16) ainsi autrefois l’Esprit-saint présidait-il aux offices des Récollets de Givet.

Alain Sartelet

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Mairie de Givet
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