
Qui parviendra à identifier le blason du donateur des splendides lambris du 17ème siècle qui ornent à présent le chœur de Saint-Hilaire mais qui originellement étaient l’imposant chef-d’œuvre de l’église du couvent des Récollets ? Quelques indices : c’était un militaire décoré de la croix de Saint-Louis, ses armes surmontées d’une couronne comtale rassemblent deux moutons, un chevron, trois étoiles, une gerbe de blé… des chercheurs et non des moindres sont toujours en quête pour trouver la clé du mystère…en vain.
Alain Sartelet

Toujours rue Oger, admirez ce beau dessus de porte vitré (ci-dessus) qui rappelle celui mettant en scène flèches et serpents dans la rue du Puits (ci-dessous, et voir aussi dans ces colonnes le « billet » N° 50). Nous avions là un décor mythologique évoquant la déesse de la Prudence mais ici plus question de cela, c’est un simple décor évoquant un cadre ovale orné de feuilles de chêne et retenu par deux chutes de draperie, il ne manque que le portrait… Ingénieux et élégant système permettant de faire pénétrer la lumière dans un couloir trop sombre.
Alain Sartelet


La pierre sculptée (1) qui surmonte le portail (2) de cette belle et sobre église magnifiquement restaurée proclame la date de 1745, ça n’est pas si simple ! Le portail lui-même dément cette affirmation, il est voisin par son style de celui de l’église de Vireux-Wallerand construit en 1578 et il doit être lui aussi daté des années 1578-1580. Ici la forme générale en plein cintre annonce déjà la Renaissance et le classicisme mais les bases des colonnettes sont de style gothique tardif (3) nous aurions donc ici sous les yeux une église non pas construite en 1745 mais restaurée ou remaniée en 1745. Comme une dame affligée par les ans, l’église de Ham a menti sur son âge ! Un édifice incontournable ne serait-ce que par la présence de l’extraordinaire retable de 1590 (4, cliché André Majewski).
Alain Sartelet


La présence des Suisses dans les églises remonterait en France à 1771 quand une ordonnance royale institua une pension pour les soldats vétérans de l'armée. Les soldats suisses combattants pour le roi de France comme mercenaires depuis leur règne de François 1er furent exclus de la mesure. En compensation, le roi décida de les envoyer dans les églises du royaume pour assurer la garde et le service d'honneur. Choisi ensuite parmi les hommes pieux de la paroisse, le suisse portait un prestigieux costume brodé d’or qui avait un certain parfum d’Ancien Régime. C’est encore une fois grâce à Monsieur Pierre Cartiaux qui veille sur l’église Saint-Hilaire et ses trésors qu’on a pu, il y a quelques jours, retrouver intacts les deux prestigieux insignes de la fonction du dernier Suisse de Givet, la hallebarde et la canne à pommeau d’argent (1 et 2). Ceux qui ont connu le temps des Suisses se souviennent encore du bruit de la canne qui frappait le dallage pendant les cérémonies. Existe-t-il des photos du dernier Suisse de Givet ? Le Suisse n’a heureusement pas disparu partout et pour le plaisir de vos yeux, voici celui de la cathédrale de Mayence en Allemagne (3).
Alain Sartelet

À la mort du roi de Danemark, Frédéric II (2) (1534-1588), c’est à Givet que l’on vint, incroyable voyage par la Meuse et la mer, chercher les marbres destinés à son tombeau monumental érigé en 1591 (2) dans la cathédrale de Roskilde près de Copenhague. C’est là une preuve insigne de la faveur dont jouissaient autrefois les splendides marbres rouges de Givet (3, détail) ainsi appréciés dans l’Europe entière. Les comptes de construction du tombeau royal, heureusement conservés à Bruxelles, précisent même que les marbres rouges ont été extraits « sous la muraille du fort de Charlemont »…
Alain Sartelet


Toujours rue Oger, une belle maison de pierre montre un dessus de porte mouluré où figure un modeste blason. Seules sont inscrites une date, deux volutes et deux lettres, I et H, initiales probables du bâtisseur anonyme qui vivait ici en 1700 quelques années avant la fin du règne de Louis XIV. Ici point d’armoiries, le propriétaire n’en possédait sans doute pas mais il a tenu à conserver la forme de l’écusson, pour une meilleure allure sans doute ! Continuez à flâner dans le Petit Givet, de merveilleux petits détails vont vous sauter aux yeux, toujours en lien avec la grande Histoire ! (Ci-dessous un saisissant portrait du roi âgé, en cire et cheveux naturels, réalisé en 1700 et ciel de crépuscule sur le Grand Trianon).
Alain Sartelet


Ce beau dessus de porte en pierre bleue situé sur la façade d’une maison ancienne de la rue Oger n’est pas daté mais son inspiration « rocaille » pour la partie centrale se marie avec les volutes un peu lourdes qui sont encore inspirées par le style classique de l’époque de Louis XIV. On peut ainsi en levant le nez et en flânant dans les rues de Givet réviser ses styles…Ici le médaillon central porte, gravées à la pointe assez discrètement, deux lettres entrelacées, un C et un W qui sont probablement les initiales du bâtisseur, aujourd’hui oublié !
Alain Sartelet
L’église de Vireux-Wallerand, trop méconnue, mérite le détour, nous en avons déjà parlé ici. La partie la plus intéressante est le beau chœur gothique voûté de bois. La clé de voûte du chœur nous révèle la date de construction de cette partie la plus ancienne, en effet elle porte des chiffres romains sculptés : M.V.C.L.I.I. (le C est tout petit au dessus du V qui a une forme de U et les 1 ont une forme de i avec un point au dessus) je sais, il faut s’y connaître un peu pour déchiffrer ça les chiffres romains sont tombés en désuétude mais c’est facile : le M pour 1000, le V et le C pour 5 fois 100, le L pour 50 et deux fois 1. Le tout additionné donne 1552. En 1552, Henri II, fils de François Ier, était roi de France et Charles Quint était empereur du Saint-Empire romain germanique…
Alain Sartelet


Du chêne, un habile savoir-faire, de bons outils et voici tout le charme d’une boiserie ancienne. Ici pas besoin de peinture ni de dorure pour embellir, le bois est simplement ciré, patiné par la cire des siècles. L’artisan s’est seulement autorisé quelques fleurettes dans les volutes des chapiteaux et une courbe généreuse dans le fronton…Toute la grâce un peu austère d’une époque transparaît ici dans ce modeste confessionnal de l’église Saint-Georges de Vireux-Wallerand. La beauté des bâtiments et des objets des siècles passés se cache partout autour de vous parfois même dans d’infimes détails, alors cherchez, regardez, admirez…
Alain Sartelet
Une gravure représentant le fort de Charlemont en 1667 nous livre un très curieux détail sur les bastions ouest, une sorte de mât avec une partie renflée sous un étendard flottant au vent (1). Une question vient à l’esprit : c’est quoi ? La réponse se trouve dans un tableau conservé au Rijksmuseum d’Amsterdam (2, détail) représentant la « joyeuse entrée » de François de France, frère du roi Henri III, intronisé duc de Brabant à Anvers en 1582. La ressemblance est parfaite, il s’agit d’un mât destiné à recevoir une oriflamme armoriée et un tonneau chargé de fusées de feu d’artifice tiré en l’honneur d’un fils de France. Nous sommes là en présence d’un souvenir immortalisé par la gravure et lié sans doute à une fête donnée à Charlemont au temps du roi d’Espagne Charles II (1661-1700) Charles II c’est le roi qui allait céder Givet à la France, donner le trône d’Espagne au petit-fils de Louis XIV et laisser son nom à la ville de Charleroi. Que de choses derrière un petit détail…
Alain Sartelet
