
Vous connaissez tous l’histoire de Charlemont tout au moins dans ses grandes lignes : la fondation par l’empereur Charles Quint en 1555 etc mais ce que l’on sait moins c’est que l’histoire du site commence un peu plus tôt, au temps des comtes d’Agimont de la maison de La Marck. L’un d’eux Louis III de La Marck décida d’ériger sur le sommet de la montagne un fortin renforcé de tours. Cette fortification fut commencée vers 1529 ( ?) mais aussitôt stoppée sur ordre de l’empereur qui entendait contrôler toutes les fortifications. Ce qui existait, dénommé « le vieil petit fort », servit d’appui au premier fort impérial de Charlemont, la tour des La Marck fut conservée un moment dans l’un des bastions (bastion de Lierre) avant de disparaître. Aujourd’hui la partie la plus ancienne du fort est la pointe Est avec ses deux petits bastions (photo).
Alain Sartelet

Voici un détail d’une boiserie de l’église Notre Dame de Givet, il représente Saint Dominique avec à son côté un petit chien tenant dans sa gueule une torche enflammée. Ce motif formait le blason et l’emblème de l’ordre des moines Dominicains et était issu d’un jeu de mots : en latin Dominicains se dit DOMINICANI ou en deux mots DOMINI-CANI (les chiens du Seigneur) en référence à leur rôle de protecteur, gardien et dispensateur de la foi (la lumière de la torche).
Alain Sartelet


Regardez cet étonnant cliché communiqué par Madame Evelyne Devouge-Audart qui dirige la Bibliothèque de Givet. Il montre le triste état dans lequel se trouvait le couvent des Récollectines en 1983 ! Les galeries du cloître avaient été détruites ne laissant que l’empreinte des voûtes sur les murs ainsi que quelques consoles qui recevaient autrefois les retombées de ces voûtes. Ces éléments ont guidé les délicates restaurations qui ont rendu leur splendeur au couvent fondé par Louis XIV. Mais savez-vous ce que veut dire Récollectines ou Récollets ? Non ? Ce mot vient du latin RECOLLECTORUM qui signifie « recueillis »
Alain Sartelet


Il faut être très observateur et prendre le temps de s’y arrêter un moment pour voir aujourd’hui les traces du décor de briques noires sur les murs de la tour Victoire. Elles sont à peines visibles, effacées par le temps, mais elles forment bel et bien un décor de losanges en vogue au moyen-âge, il évoque le souvenir des croisillons de charpente employés dans les colombages. Ce décor est dû, comme tout l’étage de brique de la tour, à Evrard III de La Marck, comte d’Agimont et seigneur de Givet à la fin du 15ème siècle.
Alain Sartelet

C’est un très intéressant tableau, peint vers 1740, que possède la mairie de Givet. Il représente au premier plan le quartier de Notre-Dame enfermé dans les remparts de Vauban, on y reconnaît à droite la porte des Faudes (ou porte Charbonnière) avec son pont peint en rouge et le singulier profil de l’église Notre-Dame. Plus à droite se trouve le quartier Saint-Hilaire dominé par Charlemont. On y distingue des détails disparus aujourd’hui, tel le clocher de l’église des Récollets ou celui de l’église des Récollectines. Autre détail intéressant, ce tableau a été réduit de taille comme le montrent dans sa partie haute les vestiges d’une composition formée d’un angelot drapés de rouge et dont on ne voit plus que les pieds. Il devait sans doute porter les armes du roi de France…
Alain Sartelet


Une première chapelle de Walcourt avait été bâtie à Givet en 1604 elle était dédiée à la vierge miraculeuse apparue dans un chêne en 1228 à Walcourt (Belgique) cette première chapelle ruinée fit place à l’actuelle en 1781-1782. La seconde chapelle restaurée avec bonheur en 2007-2008 est assurément une authentique merveille de l’architecture du 18ème siècle, un chef d’œuvre d’élégance et de simplicité. L’architecte, inconnu, s’est inspiré avec bonheur d’illustres modèles antiques tel que la rotonde du Panthéon de Rome (photo). Il avait aussi à l’esprit les coupoles de charpente imaginées par le génial architecte de la Renaissance que fut Philibert de l’Orme. Vous avez sous les yeux une des plus belles réalisations architecturales de la région de Givet.
Alain Sartelet

L’église Saint-Hilaire de Givet possède de nombreux témoignages de sa richesse passée, ainsi le reliquaire de Saint-Hilaire de Poitiers (315-367) qui nous renvoie à un passé extrêmement lointain, celui du 10ème siècle et des premiers comtes de Chiny, maîtres de Givet, ils possédaient à côté de leur château de Warcq la petite ville de Guilloy où l’église paroissiale était, comme à Givet, dédiée à Saint-Hilaire. Le reliquaire de Givet est beaucoup plus tardif, c’est une belle œuvre baroque en bois peint et doré. Mais il recèle une relique authentifiée par un parchemin du 13ème siècle. Regardez cet amusant détail : la figure joufflue d’un angelot emmitouflé dans un repli de la chasuble de l’évêque !
Alain Sartelet

La première fabrique de pipes en terre de Givet remonte à l’année 1720, bien avant la célèbre fabrique Gambier. Cet atelier fut fondé par une dame namuroise du nom de Agnès Denison. Elle avait fait de mauvaises affaires en terre liégeoise et a franchi la frontière pour venir à Givet. Nous ignorons encore où était cet atelier et nous ne conservons plus aucune pipe qui en provienne mais elles devaient ressembler aux autres pipes alors en vogue, couvertes de fleurs de lys, comme celles qui viennent d’être retrouvées (photo) dans les fouilles archéologiques du camp militaire Saint-Sébastien aménagé sous Louis XIV à Saint-Germain-en-Laye.
Alain Sartelet

On le remarque à peine, il est pourtant là sans doute depuis la construction de l’église vers 1682. Il a certes perdu de son éclat, sa dorure d’origine s’en est allée… c’est un authentique emblème du roi soleil qui est juché sous le coq au sommet du clocher de Saint-Hilaire. Sa présence est plutôt rare sur un clocher où d’habitude ne règne qu’un coq sans partage ! mais ici nous sommes dans une ville française depuis seulement deux ans lorsque se bâtit l’église, il fallait donc montrer à tous qui était le nouveau maître !
Alain Sartelet

Givet possédait au 18ème siècle un jardin « botanique » installé le long de l’hôpital militaire à l’endroit sur la photo où poussent de grands arbres. Ce terrain en bord de Meuse, très bien exposé à l’abri derrière le rempart du quai recevait le soleil toute la journée. On y cultivait des plantes médicinales pour les besoins de la pharmacie militaire. En 1787 le jardin était quasiment à l’abandon, les plantes venaient d’ailleurs, comme le faisait remarquer le docteur Simon, chirurgien major : « le sol varié de nos campagnes produit des plantes de toute espèce, presque d’aussi bonne qualité que celles qui croissent dans la partie méridionale de la France ; l’on peut s’en procurer aisément et à peu de frais » La campagne autour de Givet c’est comme la Provence !
Alain Sartelet