
Une première chapelle de Walcourt avait été bâtie à Givet en 1604 elle était dédiée à la vierge miraculeuse apparue dans un chêne en 1228 à Walcourt (Belgique) cette première chapelle ruinée fit place à l’actuelle en 1781-1782. La seconde chapelle restaurée avec bonheur en 2007-2008 est assurément une authentique merveille de l’architecture du 18ème siècle, un chef d’œuvre d’élégance et de simplicité. L’architecte, inconnu, s’est inspiré avec bonheur d’illustres modèles antiques tel que la rotonde du Panthéon de Rome (photo). Il avait aussi à l’esprit les coupoles de charpente imaginées par le génial architecte de la Renaissance que fut Philibert de l’Orme. Vous avez sous les yeux une des plus belles réalisations architecturales de la région de Givet.
Alain Sartelet

L’église Saint-Hilaire de Givet possède de nombreux témoignages de sa richesse passée, ainsi le reliquaire de Saint-Hilaire de Poitiers (315-367) qui nous renvoie à un passé extrêmement lointain, celui du 10ème siècle et des premiers comtes de Chiny, maîtres de Givet, ils possédaient à côté de leur château de Warcq la petite ville de Guilloy où l’église paroissiale était, comme à Givet, dédiée à Saint-Hilaire. Le reliquaire de Givet est beaucoup plus tardif, c’est une belle œuvre baroque en bois peint et doré. Mais il recèle une relique authentifiée par un parchemin du 13ème siècle. Regardez cet amusant détail : la figure joufflue d’un angelot emmitouflé dans un repli de la chasuble de l’évêque !
Alain Sartelet

La première fabrique de pipes en terre de Givet remonte à l’année 1720, bien avant la célèbre fabrique Gambier. Cet atelier fut fondé par une dame namuroise du nom de Agnès Denison. Elle avait fait de mauvaises affaires en terre liégeoise et a franchi la frontière pour venir à Givet. Nous ignorons encore où était cet atelier et nous ne conservons plus aucune pipe qui en provienne mais elles devaient ressembler aux autres pipes alors en vogue, couvertes de fleurs de lys, comme celles qui viennent d’être retrouvées (photo) dans les fouilles archéologiques du camp militaire Saint-Sébastien aménagé sous Louis XIV à Saint-Germain-en-Laye.
Alain Sartelet

On le remarque à peine, il est pourtant là sans doute depuis la construction de l’église vers 1682. Il a certes perdu de son éclat, sa dorure d’origine s’en est allée… c’est un authentique emblème du roi soleil qui est juché sous le coq au sommet du clocher de Saint-Hilaire. Sa présence est plutôt rare sur un clocher où d’habitude ne règne qu’un coq sans partage ! mais ici nous sommes dans une ville française depuis seulement deux ans lorsque se bâtit l’église, il fallait donc montrer à tous qui était le nouveau maître !
Alain Sartelet

Givet possédait au 18ème siècle un jardin « botanique » installé le long de l’hôpital militaire à l’endroit sur la photo où poussent de grands arbres. Ce terrain en bord de Meuse, très bien exposé à l’abri derrière le rempart du quai recevait le soleil toute la journée. On y cultivait des plantes médicinales pour les besoins de la pharmacie militaire. En 1787 le jardin était quasiment à l’abandon, les plantes venaient d’ailleurs, comme le faisait remarquer le docteur Simon, chirurgien major : « le sol varié de nos campagnes produit des plantes de toute espèce, presque d’aussi bonne qualité que celles qui croissent dans la partie méridionale de la France ; l’on peut s’en procurer aisément et à peu de frais » La campagne autour de Givet c’est comme la Provence !
Alain Sartelet

Regardez ce détail (très agrandi) d’un plan conservé à la Bibliothèque Nationale, le dessinateur, vers 1680, a représenté la tour Maugis ou tour de La Marck, construite au 15 ème siècle probablement par Maugis de la Marck un parent du comte d’Agimont, seigneur de Givet. C’était une magnifique tour d’artillerie hérissée de meurtrières, elle protégeait Givet et la route de Philippeville du haut de son énorme cône de marbre rouge. Ne la cherchez plus elle a été entièrement rasée, seul subsiste le rocher qui fait aujourd’hui le cœur du fort Condé. Il n’y a plus désormais que ce très précieux dessin pour nous donner une image fidèle de la tour.
Alain Sartelet

Posée aux pieds du vénérable clocher de l’église Notre-Dame du Petit-Givet, cette superbe borne de pierre bleue est la seule qui subsiste de celles qui clôturaient jadis les possessions givetoises de l’abbaye Saint-Hubert dont on reconnait, sculptée dans la pierre, la belle crosse abbatiale aux enroulements ornés de feuillages, un vestige trop souvent méconnu. A l’emplacement de l’actuelle rue Oger se trouvait au moyen-âge la « Cour Saint-Hubert » enclos fortifié avec granges et chapelle, siège fiscal et judiciaire des abbés de Saint-Hubert. Rappelons que Saint-Hubert (626-727), le révéré patron des chasseurs possédait ici une résidence épiscopale et que selon la légende il accomplit à Givet un miracle en faisant pleuvoir et remonter le niveau trop bas de la Meuse…
Alain Sartelet

Autrefois il était de bon ton pour les habitants fortunés ou titrés ou encore pour les officiers de la garnison de se faire inhumer à l’intérieur des églises de Givet et de Charlemont. De nombreuses dalles funéraires sculptées dans cette magnifique pierre d’un noir si profond témoignent d’un art oublié superbement représenté à Givet. Outre l’intérêt historique indéniable ces dalles présentent un intérêt héraldique, elles sont toutes armoriées et on peut souvent y voir des symboles tels que des crânes avec des os croisés ou comme ici (photo) des ailes de chauve-souris (dalle de 1716). C’est fait pour faire peur ? dans un sens oui ! c’est un rappel, un MEMENTO MORI (rappelle-toi que tu vas mourir) car autrefois la mode était à la convivialité avec la mort comme en témoignent ces bagues en or émaillé du 17ème siècle !
Alain Sartelet

Ce modeste objet de bois, révélé par Monsieur Pierre Cartiaux est conservé pieusement dans l’église Saint-Hilaire de Givet. Il s’agit d’une crécelle du 18ème siècle (?) provenant de l’église du fort de Charlemont incendiée en 1914. C’est un objet insigne, un rare vestige de cette église, sœur jumelle de celle de Hierges et dont la construction remontait à 1588. Une inscription ancienne tracée à l’encre sur le bois atteste de la provenance de ce curieux objet dont la fonction est bien oubliée aujourd’hui. La crécelle était autrefois en usage au moment du Vendredi Saint lorsque les cloches d’une église restaient muettes en signe de deuil en mémoire de la mort du Christ. On ne pouvait alors comme d’habitude sonner les cloches pour annoncer les offices. Un enfant de chœur était alors chargé de faire retentir la crécelle par les rues pour convier les fidèles à venir assister à la messe.
Alain Sartelet


N’est-il pas trognon ce petit gamin figuré sur ce détail d’un beau plan de Charlemont dessiné en 1708 (conservé à la médiathèque de Sedan) la guerre semble ici un jeu, ce marmot boutant le feu à un canon orné de fleurs de lys est-il un fils de Mars à qui il a dérobé un casque trop grand pour sa petite tête d’enfant et qui lui cache les yeux, l’empêchant de voir où il tire ? Une pointe d’humour chez un collaborateur de Vauban, c’est plutôt rare !
Alain Sartelet