Billet N°023 A. Sartelet

La crécelle de Charlemont

Ce modeste objet de bois, révélé par Monsieur Pierre Cartiaux est conservé pieusement dans l’église Saint-Hilaire de Givet. Il s’agit d’une crécelle du 18ème siècle (?) provenant de l’église du fort de Charlemont incendiée en 1914. C’est un objet insigne, un rare vestige de cette église, sœur jumelle de celle de Hierges et dont la construction remontait à 1588. Une inscription ancienne tracée à l’encre sur le bois atteste de la provenance de ce curieux objet dont la fonction est bien oubliée aujourd’hui. La crécelle était autrefois en usage au moment du Vendredi Saint lorsque les cloches d’une église restaient muettes en signe de deuil en mémoire de la mort du Christ. On ne pouvait alors comme d’habitude sonner les cloches pour annoncer les offices. Un enfant de chœur était alors chargé de faire retentir la crécelle par les rues pour convier les fidèles à venir assister à la messe.

Alain Sartelet

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Billet N°022 A. Sartelet

L’amour guerrier

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N’est-il pas trognon ce petit gamin figuré sur ce détail d’un beau plan de Charlemont dessiné en 1708 (conservé à la médiathèque de Sedan) la guerre semble ici un jeu, ce marmot boutant le feu à un canon orné de fleurs de lys est-il un fils de Mars à qui il a dérobé un casque trop grand pour sa petite tête d’enfant et qui lui cache les yeux, l’empêchant de voir où il tire ? Une pointe d’humour chez un collaborateur de Vauban, c’est plutôt rare !

Alain Sartelet

Billet N°021 A. Sartelet

Les « Grands-Jardins » de Givet

Le nom de « Grands-Jardins » s’est transmis jusqu’à nous. A l’époque de Louis XIV ce nom désignait un quartier situé aux pieds du mont d’Haurs le long de la Meuse en face de la grande caserne qui jouxtait la porte de France. D’après les plans qui subsistent il y avait là de petits pavillons et des jardins réservés aux givetois un peu fortunés qui  venaient y gouter un air moins confiné que celui de la ville. Si l’on en croit un des plans il y avait là de véritables petits jardins « à la Française » avec parterres et buis taillés, tout un art de vivre…mais il a pu y avoir aussi des vergers et potagers, Givet était au 18ème siècle réputé pour ses fruits et notamment ses melons !

Alain Sartelet

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Billet N°020 A. Sartelet

Nous étions deux sœurs jumelles

Regardez bien ces deux clichés, l’église de Hierges fondée en 1579 et celle de Charlemont reconstruite en 1588 (le transept ajouté dans le même style date de 1687) il y a comme un air de famille non ? Mêmes silhouettes, mêmes grosses pierres brutes aux angles et aux fenêtres (des « bossages »  en terme technique) la ressemblance était encore plus flagrante autrefois car l’église de Charlemont avait un bulbe sur son clocher comme à Hierges. Nous étions alors en terre du royaume d’Espagne, l’église de Charlemont était dédiée à Saint-Charlemagne, le saint patron de la dynastie des Habsbourg (la famille de Charles Quint), l’église de Hierges conserve un vitrail de 1616 orné d’un magnifique Saint-Charlemagne…la raison de ces ressemblances est toute simple, les commanditaires de l’église de Hierges et les gouverneurs de Charlemont sont à cette époque des Berlaymont, une  très puissante famille qui a certainement utilisé les services d’un même architecte ! Hélas l’église de Charlemont n’a pas résisté au bombardement de 1914 et seules les bases subsistent.

Alain Sartelet

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Billet N°019 A. Sartelet

La barque jaune…

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Jolie, cette carte postale des années 60 avec cette barque citronée fraîchement repeinte de neuf. Un après-midi d’été plein d’insouciance, on flâne les pieds plongés dans l’eau fraîche de la Meuse. Vous sentez ce délicieux parfum de grandes vacances, ce doux souvenir d’enfance aux couleurs de bonbons KREMA ?

Alain Sartelet

Billet N°018 A. Sartelet

La renaissance d’un chef d’œuvre

Le fort Condé fait depuis un bon moment l’objet de travaux de restauration exemplaires. Nous assistons à une véritable renaissance de cette authentique chef d’œuvre  de l’architecture militaire du début du règne de Louis XV. Construit à partir de 1725 à l’emplacement de la vieille  tour Maugis (une tour d’artillerie du 15ème siècle due aux La Marck, seigneurs d’Agimont et de Givet) le fort de Condé, peu à peu délaissé était en ruines. Il faut voir ce qu’il est devenu aujourd’hui et admirer le talent des hommes de l’art qui travaillent ici à redonner tout son lustre à cet édifice qui avec son extraordianaire salle centrale circulaire (photo)  et ses galeries souterraines constellées de meurtrières constituait un verrou infranchissable, interdisant les abords du fort de Charlemont.  Allez voir, il se passe là quelque chose de merveilleux, une renaissance je vous dis…

Alain Sartelet

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Billet N°017 A. Sartelet

Un scandale au couvent des Récollectines de Givet en 1781

Une curieuse affaire a défrayé la chronique locale en 1781, Marie-Victoire de Liancourt, une jeune noble, fille majeure du marquis Charles-François-Louis d’Escageul de Liancourt, garde d’artillerie au fort de Charlemont entra en religion au couvent des Récollectines de Givet. Le père s’opposa formellement au choix de sa fille, un procès s’ensuivit devant la prévôté de Givet. Le jugement désigna d’autres couvents dont l’abbaye de Félix Pré avec obligation d’un temps de réflexion de six mois à l’expiration duquel ladite Marie-Victoire pourrait, si elle en était toujours désireuse entrer au couvent des Récollectines. Le jugement stipulait que la mère supérieure des Récollectines pourrait être contrainte de remettre la fille à son père. Marie-Victoire mécontente de la sentence porta l’affaire devant le parlement de Flandres qui cassa le jugement du prévôt de Givet et rendit la liberté de prendre le voile à la jeune fille en condamnant le père à verser 500 livres pour la pension de noviciat plus 150 livres de pension annuelle. Huit années plus tard le couvent était supprimé !

Alain Sartelet

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Billet N°016 A. Sartelet

Les obélisques du cardinal de Richelieu

L’histoire commence vers 1630 dans les carrières de Givet, deux grands obélisques de marbre rouge veiné de blanc dont la splendeur était appréciée des princes et des rois, furent sculptés à la demande du Cardinal de Richelieu pour orner le pavillon d’entrée de son splendide château du Poitou (maquette). Après la Révolution le château fut détruit et en 1807 les obélisques furent achetés par Joséphine de Beauharnais et offerts à son époux, Napoléon  Bonaparte. Le futur empereur, sensible à l’art  égyptien depuis son retour de la campagne d’Egypte (1798-1801) fit placer les obélisques sculptés d’hiéroglyphes dorés pour l’occasion sur la façade de son château de La Malmaison près de Paris. Ils y sont toujours, un bien lointain voyage depuis les carrières ardennaises !

Alain Sartelet

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Billet N°015 A. Sartelet

1860, la percée sous Charlemont.

L’arrivée du chemin de fer à Givet sera, sous Napoléon III, couronnée par la création d’un ouvrage d’art, remarquable aux yeux des experts, témoignant du double parrainage de l’architecture civile et de l’architecture militaire. Ce tunnel, long de plus de 500 mètres et creusé en plein roc, coûta plusieurs milliers de franc-or, il fut achevé en 1862. Lorsque vous arrivez à Givet ou lorsque vous en partez par le train, vous remarquez encore nettement, côté gare, les meurtrières qui défendaient l’accès au tunnel, elles sont  surmontées d’évents pour évacuer la fumée des tirs. Derrière se trouvent des salles ou casemates elles aussi dotées de meurtrières pour le tir au fusil dans le tunnel. Jusqu’à son déclassement la place forte de Givet bénéficia des dernières avancées technologiques militaires.

Alain Sartelet

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Billet N°014 A. Sartelet

La belle disparue !

Permettez-moi, amis lecteurs, de regretter la disparition de l’ancien hôtel de ville de Givet, rasé en 1903, pour faire place à l’actuel bâtiment plus vaste, plus moderne et jugé lors de son inauguration en 1905 « l’un des plus beaux du département » (ah bon ?) L’ancienne mairie avait été élevée à l’extrême fin du XVIIème siècle et n’étais pas achevée à la mort de Louis XIV en 1715. Elle était construite dans le plus pur style de la « Renaissance mosane » cette merveilleuse rencontre de matériaux faisant jouer avec bonheur les trois couleurs tant aimées de la région, le bleu de la pierre, le rouge des briques et le gris-bleu-violacé  des ardoises. Ce petit bijou d’architecture, d’une sobre élégance, n’a pas survécu et c’est bien dommage pour la beauté de  place d’Armes !

Alain Sartelet

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Mairie de Givet
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