Billet N°175 A. Sartelet

L’horloge de pierre

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Le musée de l’Ardenne possède un rarissime témoignage de l’art des tailleurs de pierre : une horloge de parquet, haute de près de trois mètres, en pierre bleue de Givet datée de 1756, chef-d’œuvre probable d’un compagnon aspirant à devenir maître. Le grand intérêt de cette fabuleuse horloge est l’utilisation, exceptionnelle, de la pierre en lieu et place du bois. La naïve décoration, soleil, lune, étoile, évoque la grande machinerie céleste. Le superbe blason ovale du socle, encadré de palmes, porte les emblèmes du métier de tailleur de pierre : règle, compas, maillet, équerre, burin et pointerolle, symboles de l’aristocratie du travail manuel. Du bel ouvrage non ? Cette merveille se trouvait autrefois au 44 rue Notre-Dame à Givet (Clichés musée de l'Ardenne. Charleville-Mézières ©Lisa Maronnier).

Alain Sartelet

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Billet N°174 A. Sartelet

Sur les quais de Meuse

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Non, ce ne sont pas les quais de Givet mais ceux de Huy, peints vers 1567 par Lucas van Valckenborch (musée d’Anvers) mais tout y est, les maisons de pierre grise et de brique et surtout les très nombreux navires qui sillonnent le fleuve, barques et mignoles, l’une d’elle est même « à la voile ». Ce peintre génial a su rendre toute l’émotion et toute la fascination qu’il éprouvait pour la Meuse et ses métiers.

Alain Sartelet

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Billet N°173 A. Sartelet

Les témoins de l’incendie de Givet en 1675

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Les troupes de Louis XIV ont volontairement incendié Givet en 1675 pour des raisons purement stratégiques, intimider les armées espagnoles qui tenaient Dinant et s’étaient retranché dans le fort de Charlemont, épisode fameux de la guerre dite « de Hollande ». Peu de témoins visibles de ce drame existent, cependant sur le dessin conservé à la Bibliothèque Nationale, réalisé vers 1680 (1), on remarque les séquelles probables de l’incendie. Au premier plan trois bâtiments sont encore en ruines, toitures crevées, murs écroulés. De l’un des bâtiments seul un mur pignon subsiste au premier plan. Nous pouvons constater que la tour Victoire (2), derrière laquelle se profile le pont de bateaux, n’a plus de toiture, seule une cheminée dépasse. La tour a en effet, si nous nous référons aux comptes, été très endommagée, ainsi sa porte a dû être remplacée, l’ancienne ayant été dévorée par les flammes.

Alain Sartelet

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Billet N°172 A. Sartelet

Le château de Chooz,
une résidence de l’avoué de l’abbaye de Stavelot

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C’était jadis la résidence d’un avoué, le gérant du territoire de Chooz au nom de l’abbé de Stavelot-Malmédy (4, armoiries au « loup bâté »). Dans son état actuel l’édifice est le résultat de plusieurs campagnes de construction s’échelonnant du 16ème au 19ème siècle. Le noyau primitif est un gros pavillon à haute toiture construit vers 1550 flanqué du côté de la rue d’une tourelle plus symbolique que réellement défensive (1). La façade sur rue du pavillon a été remaniée mais présente cependant des éléments anciens, des baies autrefois à meneaux et une belle porte (3) ornée de bossages qui ne sont pas sans rappeler ceux de Hierges (église, 1579 et château, 1560-1570) et de l’église de Charlemont (1588) La partie qui jouxte le pavillon côté rue est un adjonction des années 1620 en pierre bleue et brique typique de la Renaissance mosane, on y voit une magnifique baie à meneau et croisillon (2), aujourd’hui murée qui présente un linteau portant des armoiries non identifiées (5). Le château de Chooz est encore trop méconnu, il mérite toute notre attention.

Alain Sartelet

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Billet N°171 A. Sartelet

Le salut dans la fuite…

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Dans notre exploration du merveilleux patrimoine de la région, religieux, militaire ou civil, nous nous arrêterons aujourd’hui sur ce délicat petit tableau (1) qui passe inaperçu tant il est mal placé, toujours à contre-jour sous une fenêtre de l’église Saint-Hilaire de Givet. C’est pourtant une belle œuvre du 17ème siècle représentant « Le repos pendant la fuite en Egypte », épisode célèbre et dramatique des Evangiles où l’on voit Marie, Joseph et Jésus échapper aux persécutions du roi Hérode (le « massacre des Innocents »). Ici le peintre, inconnu, nous montre une halte pleine de charme et de tendresse, l’enfant Jésus, bien potelé et bien rose, est assoupi, bercé par les chants des angelots dont l’un joue du chalumeau (3). Joseph, à l’arrière-plan, est comme effacé presque fondu dans un arrière-plan plein de ténèbres. A droite une trouée de ciel bleu domine un paysage barré d’un pont fortifié. Un ange blond et bouclé (2) offre des fruits, c’est Gabriel, l’archange, un des messagers de Dieu.

Alain Sartelet

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Billet N°170 A. Sartelet

L’église Saint-Martin de Vireux, un édifice en deuil

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L’église Saint-Martin de Vireux-Molhain (1) a été bâtie en 1722 (2), elle présente une très remarquable caractéristique architecturale identifiée par l’historien André Majewski. L’église en effet possède une « litre funéraire » ou « ceinture de deuil », une bande d’enduit courant sur tout le pourtour de l’édifice et qui jadis était peinte en noir et ornée des blasons du seigneur local, le comte de Hamal : (3, de gueules à cinq fusées d’argent). Ainsi c’est l’édifice tout entier qui prenait le deuil à la mort du seigneur ! En 1900 la ceinture funéraire était encore bien plus nette qu’aujourd’hui (1, la large bande grise sur la photo), mais avec le temps la couleur noire et les blasons se sont effacés cependant la bande d’enduit subsiste toujours aujourd’hui, à peine lisible. Très répandues autrefois, les litres sont devenues rares, il en subsiste cependant de beaux exemples en France (4, église Saint-Germain de Creysse, Lot, litre funéraire aux armes de La Tour d’Auvergne, vicomte de Turenne).

Alain Sartelet

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Billet N°169 A. Sartelet

Haybes, le fer et le feu de Moraypré

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A Haybes, il est un site absolument remarquable, Moraypré, où l’on voit encore les restes d’un haut-fourneau remontant probablement au 16ème siècle. Il subsiste en pleine forêt une partie du « gueulard » (1) vitrifié par la formidable chaleur que nécessitait la fonte de grandes barres de fer, les fameuses « gueuses » (2). Pour avoir une idée de l’allure d’origine d’un tel site il faut se référer au merveilleux tableau de Marten van Valckenborch (1535-1612) qui nous montre un fourneau en activité (3) avec sa roue à aube chargée d’animer le soufflet de la forge. Le fourneau de Moraypré cessa de fonctionner vers 1638 mais le site demeure à nos yeux un lieu capital pour l’histoire de la métallurgie ardennaise.

Alain Sartelet

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Billet N°168 A. Sartelet

Sainte Rita, une immigrée italienne à Givet

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L’église Saint-Hilaire de Givet renferme un précieux dépôt, une relique de sainte Rita de Cascia en Ombrie (1381-1457), épouse, mère, veuve puis religieuse Augustine. Elle fut miraculeusement blessée au front par une épine de la couronne du Christ. On la représente toujours avec une plaie au front (3). La légende rapporte aussi que la sainte, lorsqu’elle était un bébé fut nourrie au miel par des abeilles. On l’invoque pour les causes difficiles et désespérées. En France c’est à Givet au début du 20ème siècle que son culte apparaît pour la première fois, importé par de pieux immigrés italiens. De très nombreux ex-voto témoignent de cette ferveur dans l’église ainsi que ce beau reliquaire de bronze doré (1) enfermant une capsule contenant un fragment d’os de la sainte encore très révérée aujourd’hui à Givet.

Alain Sartelet

Billet N°167 A. Sartelet

La timbale de Saint-Hubert

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Rarissime témoignage de l’ancienne orfèvrerie de l’abbaye de Saint-Hubert en Belgique, ce beau gobelet d’argent du 15ème siècle est à présent exposé au musée du Louvre. Simple dans sa forme, il laisse toute la place à la beauté du métal précieux. Une inscription gothique court sur la lèvre du gobelet : « un dieu, un roi, une foi ». Très en vogue au moyen-âge, cette devise était une sorte de serment politico-religieux, un « credo » venu d’un autre monde. Des armoiries et une seconde inscription plus récente nous indiquent que ce gobelet appartint un temps à l’abbé Jean Balla élu à la tête de l’abbaye en 1586.

Alain Sartelet

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Billet N°166 A. Sartelet

Un coq de bronze à Givet

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Vous passez souvent sans le voir, le coq de Givet ! Fièrement dressé sur le monument aux morts. Le coq est un des emblèmes de la France dont l’origine est fort lointaine, il était déjà là du temps des gaulois et se moque des régimes, on le retrouve aussi bien sur le dais du lit de Marie-Antoinette à Versailles que sur la célèbre grille dorée de l’Elysée (2)

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Très présent sur les « 20 francs » en or de la Troisième République (3), dans la propagande militariste de la « Grande Guerre » et ensuite sur les monuments aux morts (l’exemple de Givet est un des plus représentatifs), le coq a longtemps disparu de notre paysage mythique, sa dernière apparition républicaine remontait à 1986 (4). Peut-être a-t’ il, malgré lui, trop flirté non pas avec la Nation mais avec le nationalisme, ce qui est loin d’être la même chose…aujourd’hui le coq ne fait plus de politique, il s’est réfugié dans les stades et il vient de réapparaître sur les pièces d’or de la République (5)…

Alain Sartelet

Mairie de Givet
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