
Seul le nom de cette ferme survit de nos jours (rue de la Praisle), elle a été rasée, mais nous la voyons sur des clichés anciens (ci-dessus, agrandissement d’une carte postale de 1900) on y distingue un corps de logis et une grosse grange au premier plan. Elle n’avait pas changé depuis sa construction qui remontait à 1638 selon une inscription. En 1638, on était alors ici en plein Pays-Bas Espagnols, Philippe IV d’Espagne était roi et Louis XIII régnait de l’autre côté des frontières et son fils venait de naître (le futur Louis XIV) Très ramassée sur elle-même, avec très peu d’ouvertures sur l’extérieur c’était bien là une ferme presque fortifiée, témoin de temps troublés par les guerres.
Alain Sartelet

La chapelle de Notre-Dame de Hal se trouvait jusqu’au 18ème siècle à gauche en sortant de Givet Notre-Dame par la porte de Rancennes, sur le plan ci-dessus on la voit en rouge avec le logis pour l’ermite qui la gardait. (le pont de la porte de Rancennes est en bas à gauche). Ce culte faisait référence à la statue miraculeuse de Hal en Belgique, une petite Vierge noire qui protégea la ville de Hal des boulets de canon, déposés en offrande par les habitants dans l’église du lieu (ci-dessous) Ces boulets sont toujours représentés sur les médailles et images sous la Vierge (ci-dessus à gauche, rangés sur le nuage !) La protection divine contre l’artillerie, voilà qui devait être apprécié des militaires en garnison à Givet !
Alain Sartelet


Lorsque le poisson ne mord pas, le vent va se lever, voilà le sens de ce proverbe forgé autrefois sur les rives de Meuse par les pêcheurs observateurs du temps qu’il fait et de ses conséquences sur les cultures, la chasse ou la pêche…joli, non ?
Alain Sartelet

On dirait le titre d’un film de science-fiction !!! Mais à la fin du mois d’octobre 1826, sous le règne du roi Charles X, les habitants de Givet observèrent dans le ciel un très brillant météore qui explosa si violemment que les habitants crurent à l’explosion du fort de Charlemont ! Le phénomène a été décrit et publié dans les Mémoires de l’Académie Royale des Sciences, c’est tout dire ! Ce devait être la chute d’une météorite (ces vagabonds de l’espace !) qui explosa en se désagrégeant dans l’atmosphère terrestre, un phénomène bien connu des astronomes !
Alain Sartelet

Vous connaissez tous la légende de Saint Hubert et du cerf dont les bois portaient une croix diffusant des rayons de lumière, il y a d’innombrables tableaux, dessins, statues ou vitraux sur ce thème ! A Givet il y eut une chapelle dédiée à ce saint, elle se trouvait au débouché de la porte de Luxembourg du Petit-Givet à proximité de la ferme de Praisle. Nous connaissons heureusement le texte de l’inscription qui s’y trouvait : « EN L’HONNEUR DE DIEU ET DE SAINT HUBERT BARBE LEGRAND VEUVE DE FRANCOIS MARECHAL A FAIT BATIR CETTE CHAPELLE EN 1736 » L’édifice était encore debout en 1823, sur le cadastre on voit que c’était une minuscule chapelle carrée. On devait y invoquer le saint patron des Ardennes et des chasseurs pour la guérison de la rage.
Alain Sartelet

Cette splendide plaque ronde en pierre sculptée est aujourd’hui le seul vestige de l’ancien hôtel de ville de Givet bâti à partir de 1696. Elle ornait le centre du fronton jusqu’à la fatale démolition de 1903 (la plaque en position d’origine sur la photo à droite) Cette plaque est aujourd’hui invisible du public, abritée croyons-nous, par les services techniques de la ville mais elle mériterait une mise en valeur digne de l’intérêt qu’elle représente. Si elle ne date pas de 1696, elle date néanmoins du 19ème siècle (son style le prouve aussi) elle serait postérieure à la réunion de la ville de Charlemont aux deux Givet. A noter que les couleurs sont fautives le fond de la croix d’or de Saint André des armes de Charlemont (en haut, sous la couronne murale) doit être bleu, et le fusil doit être rouge et non marron et or. Ne pourrait-on pas trouver un emplacement dans le vieux Givet pour remettre cet emblème à l’honneur, un emblème extrêmement chargé d’histoire qui renvoie au passé Bourguignon, impérial et espagnol de la cité et à ses fortifications. Avis aux édiles…
Alain Sartelet

Voici à quoi ressemblaient les nombreuses pêcheries ou « vennes » établies autrefois dans la Meuse et dans la Houille. C’était un système de grands pieux plantés dans le milieu du lit du fleuve et entrelacés de roseaux et de branchages, le tout en forme de gigantesques entonnoirs, véritables pièges à poissons. Une nasse ou un filet placé au petit bout permettait d’y recueillir toutes sortes de poissons, principalement des truites et des saumons. Cet usage immémorial a été abandonné en Meuse à la fin du 18ème siècle mais s’est poursuivi ailleurs (ci-dessus une pêcherie identique à celles de Meuse vue vers 1900 dans la baie du Mont-Saint-Michel) La pêche était autrefois un privilège seigneurial ou réservé aux abbayes, à Givet celle de Félixpré par exemple. Ci-dessous, sur un plan de 1734, les deux grands V sont les pêcheries de Laval-Dieu.
Alain Sartelet


L’ancienne abbaye cistercienne de Félix Pré, près de Fromelennes, était avant la Révolution et depuis le XIIIème siècle un haut-lieu de l’histoire monastique de la Haute Meuse. Transformée en ferme, l’abbaye a connu de nombreuses destructions. Cette abbaye de l’ordre de Cîteaux possédait autrefois des armoiries décrites et dessinées dans l’Armorial général de France rédigé à partir de 1696. Ces curieuses armoiries évoquent une scène religieuse connue sous le nom de « Lactation de Saint Bernard » : Saint-Bernard, alors en prière, prononça les paroles « montre que tu es notre mère » devant une statue de la Vierge allaitant l’Enfant-Jésus, celle-ci se serait animée et aurait donné son lait à saint-Bernard lui conférant ainsi la science des Saintes Ecritures et le don de prêcher. Cette histoire connut une immense faveur dans l’Europe médiévale et moderne et particulièrement dans les Flandres et ici auprès des religieuses de Félix Pré. (ci-dessous, lactation de Saint Bernard, tableau, Liège vers 1480).
Alain Sartelet


Nous conservons l’image dessinée vers 1580 (ci-dessus) d’un grand radeau passant à Givet aux pieds du fort de Charlemont. Il est constitué de troncs assemblés, sept hommes, deux grands gouvernails, à l’avant et à l’arrière et six rames latérales en assuraient la manœuvre. Descendre la Meuse en radeau était autrefois un exercice courant, il permettait de charrier facilement des troncs d’arbres pour le commerce du bois. Certains radeaux pouvaient atteindre 200 mètres de longueur. On a comptabilisé à Hastière au 15ème siècle le passage de 700 radeaux par an. Dans les zones d’abattage le long de la Meuse, les troncs ébranchés et écorcés étaient mis à l’eau, assemblés sous forme de radeaux temporaires puis conduits au fil de l’eau vers Dinant, Namur, Huy, Liège ou Maastricht et Anvers où ils étaient démontés et vendus comme bois de charpente aux constructeurs de maisons ou de navires. Cette pratique du « radelage » ou « flottage » perdure, pour le plaisir, en pays Basque (ci-dessous).
Alain Sartelet


Marches les dames, près de Namur, le 17 février 1934, vers 16 heures, un alpiniste dévisse et se tue, cet homme c’est le roi Albert Ier de Belgique. Cette mort plonge le pays entier dans un deuil profond, le roi était en effet extrêmement populaire depuis qu’on l’avait surnommé le « roi soldat » ou le « roi chevalier » pour sa conduite aux armées pendant la guerre de 1914-1918 (ci-dessus, le roi à cheval en 1909). Comme la Belgique toute proche et amie, la ville de Givet rendit hommage au souverain en érigeant une stèle et un buste en bord de Meuse dans un square qui prendra le nom de ce roi admiré aussi pour son action sociale et pour avoir soutenu la loi sur le suffrage universel…
Alain Sartelet